Bilan

Le plus gros fonds souverain du monde convié à intégrer le changement climatique dans sa stratégie

Un groupe d'experts a invité mercredi le fonds de pension public norvégien, le plus gros fonds souverain au monde, à ajouter le changement climatique aux critères éthiques régissant ses investissements.

Les experts ne recommandent toutefois pas le retrait du fonds des entreprises exploitant du charbon.

Crédits: Wikipedia

Un groupe d'experts a invité mercredi le fonds de pension public norvégien, le plus gros fonds souverain au monde, à ajouter le changement climatique aux critères éthiques régissant ses investissements sans toutefois combler les attentes des ONG.

Mandatés par le gouvernement pour examiner une éventuelle sortie du fonds des producteurs de charbon, de pétrole et de gaz naturel, les six experts indépendants se sont en revanche abstenus de recommander un désengagement des énergies fossiles comme l'espéraient les défenseurs de l'environnement et une partie de la classe politique.

"Nous recommandons qu'un nouveau critère, +contribution au changement climatique+, soit inclus dans les lignes directrices régissant la mise en observation et l'exclusion" d'entreprises bénéficiant des investissements du fonds, écrivent-ils dans leur rapport.

"Cela permettrait l'exclusion d'entreprises au cas par cas là où il y a un risque inacceptable que l'entreprise contribue à ou soit responsable d'agissements ou omissions (...) sérieusement négatifs pour le climat", ajoutent-il.

Alimenté par les revenus pétroliers de l’État norvégien et investi en produits financiers et dans l'immobilier hors de Norvège, le fonds d'une valeur de 6.080 milliards de couronnes (702 milliards d'euros) est régi par un ensemble de critères éthiques.

Il doit notamment s'abstenir d'investir dans les groupes coupables de graves violations des droits de l'Homme, recourant au travail des enfants, fabriquant des armes "particulièrement inhumaines" ou encore produisant du tabac.

"A notre avis, la production énergétique à partir de sources fossiles, la consommation d'énergie et les émissions de CO2 ne peuvent pas être considérées comme (des pratiques) contraires aux normes éthiques généralement acceptées", ont précisé les experts.

"Nous ne recommandons pas, par conséquent, une exclusion automatique par le fonds de tous les producteurs de charbon, de pétrole et de gaz naturel", ont-ils ajouté.

Lors d'un point de presse, le chef du groupe d'experts, Martin Skancke, a fait valoir que le fonds pouvait jouer un rôle plus positif pour le climat en exerçant ses droits d'actionnaire chez les "mauvais élèves" plutôt qu'en sortant de leur capital.

Les défenseurs de l'environnement ont, sans surprise, déploré ces conclusions. "Extrêmement décevant et sans ambition", a commenté la branche norvégienne de Greenpeace. "Triste et dépassé", a renchéri l'ONG L'Avenir dans nos mains. 

Le débat n'est toutefois pas clos: la question sera examinée au printemps prochain par le Parlement, où plusieurs partis sont favorables au minimum à une sortie du fonds du secteur du charbon.

Lundi, un autre important fonds de pension norvégien, KLP, avait annoncé qu'il avait cédé toutes ses parts dans 27 entreprises exploitant le charbon.

 

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