Bilan

Le PIB est désormais obsolète, selon Joseph Stiglitz

A Davos, le Prix Nobel d’économie estime que les instruments de mesure de l’activité économique doivent urgemment évoluer.

Joseph Stiglitz est régulièrement présent au Forum de Davos. 

Les croissances mondiales en berne ont fait émerger un nouveau standard. Or, l'indicateur qui permet de calculer ces performances économiques est «très mauvais», juge Joseph Stiglitz, célèbre "prix Nobel" d’économie, lors d’un panel ouvert au public au Forum de Davos.

Dans un contexte aussi complexe et instable qu’aujourd’hui, la richesse d’un pays ne peut désormais plus s’évaluer sur la base de sa production, estime l’économiste : « Le Produit Intérieur Brut (PIB) ne constitue pas un bon outil pour calculer la croissance et la qualité de vie. En considérant les mauvais facteurs, nous prenons les mauvaises décisions. » Les mesures d’austérité européennes, dont Joseph Stiglitz est un fervent opposant, en feraient partie.

Sa solution inclut un calcul plus large de la qualité de vie. Elle rappelle le « Bonheur national brut » mis en place par le Bhoutan, soit un indice qui prend en compte le bien-être de la population du pays. « Il faut repenser cette mesure en termes de durabilité, et cerner le poids des inégalités qui constituent la plus grande menace pour l’économie mondiale. Si le PIB des Etats-Unis marquait une progression en 2015, la population américaine a en réalité vu sa qualité de vie se dégrader au fil des décennies. »

Répartitions des revenus

Egalement présent lors du panel, le ministre des finances brésilien Nelson Henrique Barbosa-Filho abonde dans son sens : « Il faut combiner cet outil avec une batterie d’autres mesures pour se rapprocher au maximum de la réalité économique. » Une combinaison qui serait importante pour les pays émergents connaissant actuellement des remous.

Née en 2008, la commission Stiglitz avait pour mission de développer d’autres indicateurs pour mesurer la performance économique, partant du constat que le PIB était trop comptable. Les résultats du rapport final préconisent notamment une évaluation de la répartition des revenus. Le PIB demeure cependant toujours l’instrument majeur pour mesurer de l’activité économique. 

 

Dino Auciello

ANCIEN RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT À BILAN

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Dino Auciello a été rédacteur en chef adjoint à Bilan, responsable de bilan.ch, de novembre 2014 à juillet 2017. Il a rejoint Bilan en 2010, après avoir terminé ses études à l’Académie du Journalisme et des Médias de Neuchâtel.

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