Bilan

Le patron d'UBS fustige "l'abus de démocratie directe" des partis

Selon le CEO d'UBS Sergio Ermotti, la Suisse perd de la vitesse et de l'attrait en raison de la bureaucratie, mais aussi des partis siégeant au gouvernement.

M. Ermotti a rappelé l'importance pour la Suisse de défendre sa compétitivité et que "rien ne peut être considéré comme définitivement acquis".

Crédits: keystone

Selon le directeur général (CEO) d'UBS, Sergio Ermotti, la Suisse perd de la vitesse et de l'attrait en raison de la bureaucratie, mais aussi des acteurs de la politique helvétique. A l'occasion d'une rencontre organisée à Gentilino par une section locale du PLR, le Tessinois a dénoncé un "abus de démocratie directe" de la part des partis siégeant au gouvernement, selon des propos rapportés vendredi par le Corriere del Ticino.

"Si on est au gouvernement et qu'on promeut une politique de collégialité, on ne peut pas faire exactement le contraire en recourant avec une telle facilité à l'instrument de l'initiative populaire", s'est insurgé le timonier du numéro un bancaire helvétique.

Rappelant que les grandes multinationales suisses sont "détenues à 80% par des capitaux étrangers", il a rappelé l'importance pour la Suisse de défendre sa compétitivité et que "rien ne peut être considéré comme définitivement acquis".

Revenant sur l'hypothèse d'un départ d'UBS de la Suisse, évoquée le mois dernier dans un entretien accordé au Matin Dimanche, le CEO a plaidé pour un "forçage de trait" de la part du dominical. "En réalité, j'ai dit au journaliste qu'un des points clés d'UBS était de rester en Suisse. Il m'a demandé si je considérais impossible un transfert de la banque à l'étranger et j'ai simplement dit que rien n'est impossible".

Reste que quelques semaines auparavant, M. Ermotti avait expressément déclaré à Bloomberg Magazine que "rien n'est sûr, pas même qu'UBS reste en Suisse".

Brexit et retraite

A propos du Brexit, le CEO a évoqué un risque de voir les banques britanniques se concentrer sur la gestion patrimoniale et la banque privée, des secteurs où UBS occupe actuellement la position de leader en Europe. A cet égard, il a rappelé que Zurich et Genève étaient les places les plus importantes pour les eurobonds, avant que l'introduction du droit de timbre provoque le transfert de ce marché à Londres et au Luxembourg.

Le patron de la grand banque s'est également exprimé sur les retraites. "Désolé d'être franc, mais il faut dire qu'une personne de 35 ans travaillera jusqu'à 70 ou 72 ans", si au lieu de réformes structurelles, on se limite à des ajustements financiers comme celui soumis récemment au verdict populaire.

"L'espérance de vie s'est accrue, la démographie est en repli et il y a une large contrariété face à l'immigration", a énuméré le CEO, pour qui l'absence de solution débouchera sur un conflit générationnel. "Les jeunes commenceront à dire qu'ils ne veulent plus payer pour les vieux", a-t-il conclu.

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