Bilan

Le marché des fusions-acquisitions fléchit à cause de la BNS

Le marché suisse des fusions-acquisitions (M&A) a nettement fléchi. Ce net recul s'explique avant tout par la suppression par la BNS du taux plancher du franc contre l'euro, indique KPMG.

Selon KPMG, de grosses opérations M&A en préparation ont été freinées par les incertitudes créées par la décision de la BNS.

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Après une année 2014 particulièrement faste, le marché suisse des fusions-acquisitions (M&A) a nettement fléchi au 1er trimestre de l'année en cours. Au total, 65 transactions ont été recensées, 38% de moins que sur les trois premiers mois de l'an dernier. En valeur, le recul n'est cependant que de 18%, avec un total de 21 mrd USD. Ce net recul s'explique avant tout par la suppression par la Banque nationale suisse (BNS) du taux plancher du franc contre l'euro, indique KPMG dans une étude publiée jeudi.

Selon KPMG, de grosses opérations M&A en préparation ont été freinées par les incertitudes créées par la décision de la BNS. Les spécialistes du cabinet d'audit et de conseil sont cependant optimistes pour l'avenir proche et entrevoient des signaux qui laissent présager une accélération prochaine du marché des fusions-acquisitions.

Malgré le recul enregistré, le 1er trimestre 2015 a été plus élevé que le 1er trimestre 2013, relativise KPMG. 2014 a été, avec une valeur totale de 188 mrd USD, une année record pour l'activité M&A, tant au niveau mondial que suisse, rappelle le cabinet zurichois.

Les trois premiers mois de 2015 ont été marqués par la fusion annoncée Holcim-Lafarge. Pour satisfaire aux exigences des autorités de la concurrence, les deux cimentiers ont dû vendre certaines de leurs activités à CRH pour 7,2 mrd USD, ce qui constitue la plus grosse opération du 1er trimestre, note KPMG.

Le rachat par Dufry de World Duty Free, valorisé à plus de 4 mrd USD, est également à noter.

Le secteur pharmaceutique a aussi connu, comme chaque année, une activité élevée, avec plus de 30% des dix plus grosses transactions. Après Novartis l'an dernier, c'est au tour de Roche d'être particulièrement actif en la matière, avec deux opérations importantes au 1er trimestre. Le géant bâlois a acquis Foundation Medicine pour 780 mio USD et Trophos, pour 495 mio USD.

Les spécialistes de KPMG considèrent que le ralentissement observé au 1er trimestre, dû aux incertitudes provoquées par la décision de la BNS, n'est que temporaire. Ils pensent qu'une fois sorties de ce choc, les entreprises seront à nouveau actives.

"Dans les conditions-cadres actuelles, cette tendance s'accentuera encore en 2015 et 2016", affirme Patrik Kerler, responsable M&A de KPMG Suisse, cité dans le communiqué.

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