Bilan

Le gouvernement italien déplore un manque d'information de la BCE

La Banque centrale européenne (BCE) a relevé de 5 à 8,6 milliards d'euros pendant le week-end de Noël l'augmentation de capital nécessaire pour la BMPS.

La banque a échoué à réunir les 5 milliards d'euros nécessaires sur le marché et va faire l'objet d'un plan de sauvetage public.

Crédits: AFP

Le gouvernement italien a déploré jeudi le manque d'information de la Banque centrale européenne (BCE), qui a relevé de 5 à 8,6 milliards d'euros pendant le week-end de Noël l'augmentation de capital nécessaire pour la BMPS.

"Je ne suis pas vraiment habitué mais j'ai été frappé de voir ainsi arriver des nouvelles +ex abrupto+, le jour de Noël", a déclaré jeudi le chef du gouvernement, Paolo Gentiloni, lors de la traditionnelle conférence de presse de fin d'année.

"Mais nous tiendrons bon", a assuré M. Gentiloni, ancien ministre des Affaires étrangères qui a succédé il y a 15 jours à Matteo Renzi.

Dans une interview au quotidien économique Il Sole 24 Ore, le ministre des Finances Pier Paolo Padoan a pour sa part estimé qu'il aurait été "utile, pour ne pas dire gentil, de la part de la BCE de fournir quelques informations supplémentaires sur les critères à la base de leur évaluation".

La BCE a demandé via deux lettres envoyées aux ministères des Finances et de l'Economie un plan de sauvetage de 8,8 milliards d'euros -- contre 5 milliards jusqu'alors -- pour la banque italienne Monte dei Paschi di Siena (BMPS).

Actuellement en grande difficulté en raison en particulier du poids de ses créances douteuses -- celles qui ne seront probablement jamais remboursées --, la banque a échoué à réunir les 5 milliards d'euros nécessaires sur le marché et va faire l'objet d'un plan de sauvetage public annoncé dans la nuit du 22 au 23 décembre.

Dans ses deux lettres, la BCE explique avoir réévalué le besoin de refinancement en raison des résultats des tests de résistance de 2016 et de la rapide détérioration des positions de liquidité de la banque entre le 30 novembre et le 21 décembre.

Tout en jugeant "incontestable" la demande émanant du Conseil de surveillance de la BCE, M. Padoan estime que le fait de connaître ses critères d'évaluation "est utile parce que cela peut donner des indications à d'autres banques ou à d'autres autorités".

"C'est pourquoi, en plus du courrier comportant cinq lignes et trois chiffres, il aurait été utile d'avoir quelques explications parce le manque d'information se traduit par de l'opacité à l'origine d'interprétations qui sont presque toujours erronées", assure le ministre.

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