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Le géant des airs Antonov An-225 atterrit à Bâle

L'aéroport de Bâle-Mulhouse accueille vendredi après-midi sur ses pistes le plus grand avion au monde: l'Antonov An-225 (avec une cargaison de chaudières) constitue toujours un spectacle impressionnant.
Le seul avion avec six turboréacteurs; 84m de longueur du nez à la queue; 88,4m d'envergure; 32 roues pour le train d'atterrissage; 250 tonnes de capacité de chargement: les superlatifs manquent pour caractériser l'Antonov An-225. Le plus gros avion au monde qui vole aujourd'hui a battu pas moins de 240 records du monde, selon le Guinness Book.

Et pour les passionnés d'aviation en Suisse, il sera possible de contempler ce géant vendredi soir et samedi matin à l'EuroAirport: l'aéroport de Bâle-Mulhouse accueille une escale de l'Antonov An-225 pendant quelques heures.

Une cargaison de chaudières

Au-delà de la raison prosaïque de sa venue (une cargaison de chaudières), l'arrivée de l'Antonov An-225 Mriya («Le Rêve» en ukrainien) constitue un événement sans pareil pour les milliers de spotters, ces photographes passionnés d'aviation qui squattent les abords des pistes par tous temps pour mitrailler les aéronefs.

Et il y a de quoi: l'appareil est un survivant de l'industrie soviétique. Imaginé en 1985, il n'a fallu que trois ans pour franchir toutes les étapes de la conception à la réalisation: le 22 décembre 1988 avait lieu le vol inaugural à Kiev. Et 25 ans plus tard, il vole toujours.

Mis au rencart à la chute de l'URSS

Initialement conçu pour transporter la navette spatiale soviétique Bourane, il a certes été rangé dans un hangar pendant plusieurs années après la chute de l'URSS. Mais la compagnie ukrainienne Antonov Airlines (à ne pas confondre avec le constructeur aéronautique du même nom) l'a sorti de son sommeil en 2001 et l'exploite depuis pour des transports exceptionnels.

La majeure partie de son activité est commerciale: avec ses 250 tonnes de chargement utile, il dépasse de loin tous les appareils actuels voués au fret. Pour des charges exceptionnellement lourdes ou encombrantes, il n'a pas de concurrent. Lors de son chargement, le nez se redresse à 90°, ouvrant la voie à des camions entiers.

Ainsi, chaque escale de l'Antonov An-225 dans un aéroport constitue un événement, comme c'était le cas à Lyon en début d'année, ainsi que l'explique dans cette vidéo un responsable de la plate-forme aéroportuaire française.



Missions et chargements humanitaires

Mais l'Antonov An-225 est également souvent affrété pour des missions exceptionnelles: Haïti, Afghanistan, Mali,... les vols vers des zones sinistrées par des catastrophes ou des guerres permettent d'acheminer rapidement de grandes quantités de nourriture, de médicaments et de matériel.

La construction d'un second appareil avait été lancée à la fin des années 1980, mais il n'a jamais été achevé. Pour achever ce second appareil Mriya, nous avons estimé qu'il ne faudrait pas moins de 300 millions de dollars. Mais si nous trouvions cette somme, le chantier pourrait être achevé en moins de trois ans, avait indiqué en mai 2012 Kostiantyn Lushakov, CEO d'Antonov Airlines.

Un marché pour les très gros porteurs

Ce deuxième appareil répondrait à une demande commerciale. Ainsi, en juin 2010, l'Antonov An-225 a transporté la plus longue pièce de fret aérien de l'histoire: deux éléments de turbines éolienne de 42m de long.

Reste à trouver un investisseur pour relancer ce projet. Le retour des très gros porteurs dans les catalogues des constructeurs aériens Airbus et Boeing (respectivement l'A380 et le 747-8F) tendent à prouver qu'un marché existe.

Voici quelques semaines, le gouvernement russe a annoncé le lancement d'une réflexion pour un nouveau projet de lanceur spatial qui se baserait sur des appareils inspirés de l'Antonov An-225. Peut-être les prémices d'un retour des géants de l'Est dans les airs.
Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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