Bilan

Le G7 veut "agir rapidement" contre la surproduction d'acier

Les dirigeants du G7 ont appelé vendredi à s'attaquer "sans délai" aux surcapacités sidérurgiques mondiales, pointant sans la nommer la responsabilité de la Chine.

La Chine produit environ la moitié de l'acier mondial, mais ses aciéristes ploient sous de colossales surcapacités de production.

Crédits: AFP

Les dirigeants du G7 ont appelé vendredi à s'attaquer "sans délai" aux surcapacités sidérurgiques mondiales, se disant "déterminés à agir rapidement" de façon coordonnée, et pointant sans la nommer la responsabilité de la Chine, accusée d'inonder le monde d'acier à bas prix.

Les surcapacités dans le secteur de l’acier, "constituent un enjeu structurel prioritaire (...) Nous sommes déterminés à agir rapidement et à prendre des mesures pour nous attaquer au problème", ont-ils indiqué dans la déclaration finale de leur sommet de deux jours au Japon.

"Nous sommes préoccupés par les subventions et autres aides distorsives pour les conditions de marché, fournies par des États et des institutions soutenues par des États, visant favoriser l'expansion des capacités à l’étranger", ont ajouté les sept démocraties industrialisées.

Une façon de fustiger Pékin, soupçonné de subventionner largement ses sidérurgistes, souvent des groupes étatiques, via des crédits publics et des rabais de taxes à l'exportation.

La Chine produit environ la moitié de l'acier mondial, mais ses aciéristes, minés par le vif ralentissement économique du pays, ploient sous de colossales surcapacités de production, estimées à plusieurs centaines de millions de tonnes.

Ils écoulent donc sur les marchés étrangers une partie de leur offre excédentaire --les exportations chinoises d'acier se sont encore envolées de 30% sur un an en mars--, provoquant un plongeon des prix mondiaux et faisant boire la tasse aux sidérurgistes européens et américains.

Les membres du G7 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Japon, Italie, Canada et Allemagne) entendent intervenir pour "supprimer les mesures de distorsion", "notamment par des actions coordonnées qui identifient et cherchent à supprimer ces subventions et ces aides".

Et d'évoquer la possibilité de mesures de rétorsion: "Nous sommes prêts (...) si nécessaire et conformément aux règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), à envisager un large éventail d'instruments et de mesures de politique commerciale pour faire respecter nos droits", insiste la déclaration finale du sommet d'Ise-Shima.

Déjà, les sidérurgistes européens, qui dénoncent vivement le déferlement d'exportations d'acier chinois, avaient appelé l'Union européenne (UE) à imposer des droits de douane prohibitifs, dans le sillage de Washington.

Les Etats-Unis avaient relevé en mars à presque 300% les droits de douanes sur les importations chinoises d'acier laminé à froid (utilisé dans l'automobile, notamment).

Si la déclaration finale prend soin de ne pas mentionner la Chine, un haut responsable japonais a reconnu que le géant asiatique avait été largement évoqué lors les discussions.

Le Premier ministre nippon Shinzo Abe "a indiqué que (les leaders du G7) devaient rester en communication étroite pour s'assurer que la Chine respecte bien les règles du commerce international", a-t-il rapporté à la presse.

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