Bilan

Le futur président Donald Trump a carte blanche

Le candidat républicain populiste a donné tort à la grande majorité des sondages en remportant les principaux Etats clé pour décrocher la présidence des Etats-Unis.
  • Donald Trump a promis de “cicatriser les blessures de la division”. 

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  • Dans un discours conciliant, tranchant avec le ton de sa campagne, le futur président a promis de “cicatriser les blessures de la division”. 

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  • Les supporters de la candidate démocrate ont très vite compris que la nuit serait plus longue et beaucoup plus compliquée que prévu.

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  • Donald Trump s’est engagé à être “le président de tous les Américains” et a tendu la main aux supporters d’Hillary Clinton. 

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  • Le prochain locataire de la Maison Blanche a gagné son pari de miser sur l’Amérique blanche, rurale, touchée de plein fouet par les délocalisations. 

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Le 20 janvier 2017, Donald Trump deviendra le 45ème président des Etats-Unis. Sur le coup de 2h35 du matin, plusieurs médias américains, dont le New York Times, le Washington Post et le Los Angeles Times, annonce qu'il rassemble les 270 Grands électeurs nécessaires pour être élu à la Maison-Blanche, après avoir remporté les principaux Etats clés: La Floride, l’Ohio, la Pennsylvanie, le Wisconsin et la Caroline du Nord.

L’homme d’affaires new-yorkais, abandonné par les élus de son propre parti, a gagné son pari de miser sur l’Amérique blanche, rurale, touchée de plein fouet par les délocalisations. Le futur président pourra s’appuyer sur une Chambre des Représentants et un Sénat à majorité républicaine au Congrès. En d’autres termes, Donald Trump aurait alors carte blanche, au moins jusqu’aux prochaines élections législatives dans 2 ans.

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“Désolé de vous avoir fait attendre, c’est un business compliqué”, a lancé Donald Trump à ses supporters peu avant 3 heures du matin. “Je viens de recevoir un appel de Hillary Clinton. Elle nous a félicités pour notre victoire et je l’ai félicitée pour sa campagne.” Le futur président a affirmé que les Américains avaient une “dette de gratitude" pour l’engagement de Hillary Clinton pour les Etats-Unis.

“Quelque chose de magnifique”

Dans un discours conciliant, tranchant avec le ton de sa campagne, il a promis de “cicatriser les blessures de la division”. Il s’est engagé à être “le président de tous les Américains” et a tendu la main aux supporters de Hillary Clinton. Il a assuré que sa présidence serait “quelque chose de magnifique” et s’est adressé à la communauté internationale en affirmant que les Etats-Unis défendraient leurs intérêts, mais qu’ils voulaient des partenariats et seraient “justes avec tout le monde”.

La campagne de Hillary Clinton a d’abord refusé de concéder sa défaite. A 2 heures du matin, alors que plusieurs Etats comme le Michigan, le New Hampshire étaient très serrés, John Podesta, le président de la campagne d’Hillary Clinton, a fait une apparition au Javits Center, le QG de campagne d’Hillary Clinton dans un immense centre de convention au toit de verre à New York. Il a demandé aux supporters de la candidate démocrate de rentrer chez eux dans l’attente des résultats finaux. “Nous sommes si fiers du travail qu’elle a accompli, a-t-il lancé. Elle n’est pas finie. Bonne nuit, nous aurons plus de choses à dire demain.”

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Quelques minutes plus tard, Hillary Clinton a appelé Donald Trump pour concéder une défaite qui s’est profilée au fil des heures dans un Javits Center, où s’étaient rassemblés des milliers de personnes vers 20 heures, heure locale, dans l’espoir de célébrer la victoire de Hillary Clinton. Les supporters de la candidate démocrate ont toutefois très vite compris que la nuit serait plus longue et beaucoup plus compliquée que prévu. “Mon Dieu…”, soupirait déjà McKenzie, un jeune New-Yorkais, à l’annonce des résultats de nombreux Etats sur le coup de 21 heures.

Hochements de tête dépités, doigts d’honneurs isolés et larmes ont accompagné chaque mauvaise nouvelle à partir de ce moment-là. Car des Etats qu’elle devait gagner pour être élue présidente des Etats-Unis ont rapidement penché à droite. Sur la scène du Javits Center, Charles Schumer, le Sénateur démocrate de New York, qui aurait dû préparer la foule au triomphe espéré d’Hillary Clinton, a même fini par parler du mariage de sa fille avant de tenter de rassurer la foule sur les perspectives de la candidate démocrate en scandant: “Je crois qu’elle peut gagner!”

Défaites démocrates

La foule s’est raccrochée aux bonnes nouvelles quand elle le pouvait. Elle a soupiré de soulagement quand Hillary Clinton a gagné d’un cheveu la Virginie, un Etat que les sondages la voyaient pourtant facilement remporter. Mais les supporters de Hillary Clinton sentaient que leur Amérique urbaine et multi-ethnique était en train de perdre contre l’Amérique rurale et blanche pro-Trump.

Kirsten Hillenbrand, la Sénatrice démocrate de New York, a assuré en vain un peu plus tard dans la soirée que Hillary Clinton continuait “de l’inspirer”. Le discours enflammé d’Andrew Cuomo, dans lequel le gouverneur de New York a aussi tenté de rassurer la foule sur sa certitude d’une victoire de Hillary au terme d’une “soirée magnifique”, n’a rien changé non plus. Les mauvaises nouvelles se sont succédées toute la soirée pour les démocrates. Etat après Etat, Hillary Clinton a enchaîné les défaites: Floride, Caroline du Nord, Ohio et Pennsylvanie, un Etat qu’elle ne pouvait pas perdre.

"En tant qu’immigrée, je suis terrifiée"

Les supporters de l’ancienne Secrétaire d’Etat sont alors tournés vers des Etats improbables comme l’Arizona qui vote traditionnellement républicain avant de baisser les bras sur le coup de minuit. Le QG d’Hillary Clinton a commencé à se vider, une femme s’est mise à pleurer. La Sénatrice Claire McCaskill, une proche de Hillary Clinton, a quitté les lieux. Et David Plouffe, l’architecte de la campagne de Barack victorieuse en 2008, a fait son mea culpa sur Twitter: “Je n’ai jamais eu autant tort de toute ma vie”.

Assise sur le sol du Javits Center, Kavitha Chemina, une Américaine d’origine indienne, résume sa tristesse. “Je suis devenue citoyenne américaine en novembre 2015 et j’ai voté pour la première fois mardi, mais je ne pensais pas que ce serait une élection aussi désastreuse, conclut la femme de 30 ans. En tant que femme, je suis dégoûtée. En tant qu’immigrée, je suis terrifiée. Et en tant que personne décente, je suis horrifiée.”

Jean-Cosme Delaloye

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