Bilan

Le "French Elvis" est mort, la France sous le choc

La France était sous le choc après le décès à 74 ans du chanteur Johnny Hallyday, véritable monument national souvent surnommé le "French Elvis".

Johnny avait annoncé début mars être atteint d'un cancer des poumons dont il savait déjà qu'il était métastasé. 

 

Crédits: afp

La France était sous le choc mercredi après la mort à 74 ans du chanteur Johnny Hallyday, véritable monument national souvent surnommé le "French Elvis".

"Johnny Hallyday est parti. J'écris ces mots sans y croire", a annoncé son épouse Laeticia dans un communiqué à l'AFP à 02h34 (01h34 GMT) mercredi. "Il nous quitte cette nuit comme il aura vécu tout au long de sa vie, avec courage et dignité".

"Jusqu'au dernier instant, il a tenu tête à cette maladie (le cancer, ndlr) qui le rongeait depuis des mois", poursuit-elle.

Le président français Emmanuel Macron a été le premier à réagir, un peu plus d'une demi-heure seulement après l'annonce, vécue comme un drame national. "On a tous en nous quelque chose de Johnny Hallyday", a-t-il assuré, en référence à une des chansons les plus connues du grand homme "On a tous en nous quelque chose de Tennessee".

Tandis que radios et télés bouleversaient toutes leurs programmes, les réactions se sont multipliées dont l'une des toute premières a été la Québécoise Céline Dion. "Je suis très triste d'apprendre le décès de Johnny Hallyday. Il était un géant du show-business... une véritable légende!", a écrit sur Twitter la chanteuse aux 250 millions d'albums vendus à travers le monde.

Le "plus belge des Français", comme il a été souvent surnommé, Johnny Hallyday était au civil Jean-Philippe Smet, du nom de son père, Belge, qui l'avait abandonné après sa naissance en France. Johnny avait tenté en vain d'acquérir la nationalité belge avant de finalement renoncer, il y a dix ans.

Au-delà du chanteur à succès, "Johnny", comme tous les Français l'appellent, est souvent considéré dans l'Hexagone comme un véritable monument national, même par ceux qui ne sont pas fans, voire qui le trouvent kitsch et ringard.

Légende vivante, chanteur quasi-officiel qui a pu donner de la voix pour soutenir des hommes politiques de droite, il a aussi été raillé pour sa façon de s'exprimer, à l'image de son tic de langage "Ah que..." popularisé par sa marionnette des Guignols, émission satirique télévisée.

Malgré tout, les Français ont souvent l'impression d'avoir perdu un membre de leur famille. 

"La dernière idole de la France s'en va", selon le quotidien Le Figaro. "Mort d'un monstre sacré", titrent Les Echos. "Johnny Hallyday, de l'idole yéyé à l'icône nationale", renchérit Le Monde.

"Même s'il était peu connu en dehors de la France, M. Hallyday a vendu plus de 100 millions d'albums", explique le New York Times, dans un long article sur le "Elvis Presley de la France". "El Elvis francés", titre de son côté le quotidien espagnol El Pais.

Le chanteur n'a pas seulement été "l'idole des jeunes", titre d'une de ses chansons les plus célèbres. Il a au contraire traversé les générations, celles des débuts du rock'n'roll qu'il a francisé, du mouvement "yéyé" des années 1960, et jusqu'à la variété plus "mainstream" dans les années 1980, pour revenir avec bonheur ces dernières années aux sources du blues et du rock. 

Excès et amours

Au fil d'une vie menée à fond de train, avec ses accidents, ses excès relayés en une des gazettes, ses amours tempétueuses, ses maisons en Suisse et aux Etats-Unis sur fond d'accusation d'exil fiscal, "Johnny" était devenu plus qu'un artiste.

Johnny avait annoncé début mars être atteint d'un cancer des poumons dont il savait déjà qu'il était métastasé. Détecté en novembre 2016, le cancer aura terrassé en un an celui surnommé "Robocop" par son ami Eddy Mitchell,  resté l'un de ses comparses dès le mouvement "yéyé".

Le rocker avait en effet déjà tutoyé la mort, lors de sa tentative de suicide en 1966 puis lorsqu'il plongea plusieurs jours dans le coma en 2009 en raison de complications consécutives à une opération.

Johnny Hallyday s'est battu jusqu'au bout. En montant sur scène, en juin et juillet, avec ses copains Jacques Dutronc et Eddy Mitchell, pour la tournée des "Vieilles Canailles". Des moments parfois difficiles, mais où il semblait porté par l'énergie de son public.

Pour "rester vivant", comme s'intitulait sa dernière tournée (2015-2016), cette "bête de scène" a rempli en 57 ans de carrière tous les plus grands lieux. Il travaillait aussi à un nouvel album. 

"Ma vie a été un tunnel de souffrances, où je ne me sentais pas toujours en accord avec moi-même, vivant au jour le jour, tenaillé par la peur du lendemain", se confiait-il en 2014.

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