Bilan

Le franc fort ne restera pas sans conséquence sur l'emploi

Le directeur général d'Adecco évoque une flexibilisation du temps de travail et des coupes dans les salaires. Le patron de Stadler Rail exclut par contre d'empiéter sur les salaires.

"Nous ne détectons pas encore de mesures concrètes, mais certains de nos clients sont très inquiets", souligne Patrick de Maeseneire dans les colonnes du "Matin Dimanche" et de la "SonntagsZeitung". Il s'exprime quelques jours après l'abolition du taux plancher et la décision de la Banque centrale européenne d'inonder le marché d'euros.

Crédits: Keystone

Le franc fort ne restera pas sans conséquence sur l'emploi en Suisse, assure Patrick De Maeseneire, directeur général d'Adecco. Interrogé par la presse dominicale, le patron du numéro un mondial du placement de personnel évoque une flexibilisation du temps de travail et des coupes dans les salaires. Le patron de Stadler Rail exclut par contre d'empiéter sur les salaires.

Les Suisses devront être plus flexibles, affirme le patron d'Adecco

"Nous ne détectons pas encore de mesures concrètes, mais certains de nos clients sont très inquiets", souligne Patrick de Maeseneire dans les colonnes du "Matin Dimanche" et de la "SonntagsZeitung". Il s'exprime quelques jours après l'abolition du taux plancher et la décision de la Banque centrale européenne d'inonder le marché d'euros.

Cette dernière mesure est "importante pour le reste de l'Europe, mais pas pour la Suisse", affirme M. De Maeseneire, ajoutant néanmoins se réjouir de cette intervention qui "relancera l'économie européenne".

Mais le chômage promet d'augmenter en Suisse à cause du franc fort, sans quoi "je devrais jeter tous mes livres d'économie", martèle le directeur général du groupe né en 1996 de la fusion du vaudois Adia et du français Ecco. "Avec un taux de chômage à 3,4%, la Suisse est actuellement presque en situation de plein-emploi", rappelle-t-il.

Les Helvètes devront à l'avenir se former sans discontinuer et se montrer plus flexibles, afin de s'assurer un emploi en répondant à un marché du travail "beaucoup plus ouvert". A cette condition seulement, il sera possible de "fournir un emploi à des spécialistes de plus de 50 ans qui cherchent un nouveau poste".

Par flexibilité, Patrick De Maeseneire entend, par exemple, "avoir un emploi à temps partiel plutôt qu'à plein-temps, acquérir de nouvelles compétences, voire faire des concessions au niveau du salaire".

"Nous serons tous concernés", poursuit-il. "Une semaine de travail durera alors une fois 30 heures, la suivante en comptera 60", illustre le patron d'Adecco.

Le patron de Stadler Rail contre les coupes dans les salaires

Pour parer au franc fort, Peter Spuhler propose d'augmenter le temps de travail de deux heures supplémentaires par semaine. Interrogé par la "SonntagsZeitung", le patron de Stadler Rail exclut par contre des coupes dans les salaires.

"On ne doit pas empiéter sur les salaires à l'heure actuelle", souligne le directeur du fabricant thurgovien de matériel ferroviaire. "L'économie retient comme une erreur le fait de réduire ainsi le pouvoir d'achat de la population", ajoute-t-il.

Selon l'ancien conseiller national UDC, augmenter le temps de travail hebdomadaire constituerait par contre une solution plus intelligente. "Les employés soutiendraient cette mesure, pour autant qu'elle ne reste que temporaire", assure Peter Spuhler.

Quant à des subventions fédérales supplémentaires autour du chômage partiel, elles n'aideraient certes pas directement les entreprises, mais pourraient se révéler, comme au cours des dernières crises, "très judicieuses" sur le long terme. Des emplois hautement qualifiés avaient ainsi pu être maintenus, préservant le savoir-faire au sein des sociétés.

Le patron de Stadler Rail verrait en outre d'un bon oeil "un engagement de la Confédération pour réduire les coûts". Des baisses d'impôts et de taxes ainsi qu'une diminution de la bureaucratie augmenteraient selon lui la concurrence.

Sergio Ermotti semble tirer lui aussi à la même corde. "Nous pouvons par exemple prendre des mesures concernant les impôts et les infrastructures", fait valoir le directeur général d'UBS dans une interview à la "Schweiz am Sonntag".

Selon le patron du numéro un bancaire helvétique, des mesures vont être appliquées avant même que les conséquences de la décision de la Banque centrale européenne ne se fassent ressentir. Les premiers effets seront perceptibles au plus tôt vers la fin de l'année, prévoit-il.

Comme Peter Spuhler, Sergio Ermotti réclame davantage de clarté dans le positionnement de la Suisse par rapport à l'Europe, en particulier en ce qui concerne l'immigration de personnel qualifié. Par contre, en ce qui concerne les subventions, le directeur général d'UBS ne veut pas en entendre parler.

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