Bilan

Le FMI appelle la Chine à poursuivre ses réformes

Le Fonds monétaire international (FMI) estime que la Chine doit maintenir le cap sur le désendettement. L'institution craint une "politique de relance dopée au crédit" dans son rapport publié vendredi.

La Chine cherche des solutions pour améliorer son économie.

Crédits: AFP

Déchirée entre le désir de maintenir sa croissance et ses efforts de désendettement, la Chine doit résister à la tentation de laisser filer le crédit et accélérer au contraire ses douloureuses réformes structurelles, prévient vendredi le FMI.

Le Fonds monétaire international pointe «le contraste» entre les objectifs affichés par Pékin, à savoir la stabilisation de l'endettement, le rôle décisif accordé au marché ou encore les ouverture accrues, et l'envolée «toujours insoutenable» du crédit, l'interventionnisme «invasif» de l'Etat ou encore les restrictions aux échanges et à l'investissement.

«Si ces tensions ne sont pas résolues, elles peuvent menacer les objectifs (de croissance) des autorités» et pourraient encourager une «politique de relance dopée au crédit», comme après la crise financière de 2008, s'inquiète l'institution de Washington, dans un long rapport.

Une volte-face qui «intensifierait les vulnérabilités chinoises" et pourrait déboucher sur «un réajustement brutal» de la deuxième économie mondiale, souligne-t-elle.

Cet avertissement intervient alors que Pékin a justement promis cette semaine, pour stimuler l'économie, «une politique budgétaire plus active» à coups de déductions fiscales et d'émissions obligataires pour financer des projet d'infrastructures.

De quoi gonfler la dette et alarmer le Fonds: «une politique (de relance) fondée sur le dirigisme et gonflée au crédit ne ferait qu'entériner la mauvaise allocation des ressources et intensifier les risques», martèle le rapport.

Certes, alors que le colossal endettement total chinois continue d'augmenter (hors secteur financier, il dépassera 260% du PIB cette année selon le FMI), Pékin s'est attaqué à la «finance de l'ombre» non régulée, bridant les dépenses des collectivités locales et durcissant le ton sur les produits d'investissement opaques.

Mais l'accroissement de la dette reste «excessif» et la croissance du géant asiatique était surtout portée l'an dernier par les exportations et les dépenses publiques, tempère le FMI.

Désormais confrontée à un essoufflement économique, sur fond de durcissement du crédit, de conjoncture internationale morose et d'escalade des tensions commerciales avec les Etats-Unis, la Chine pourrait enregistrer une croissance de 6,6% en 2018 et 6,4% en 2019 (prévisions inchangées du FMI), soit un ralentissement marqué par rapport à 2017 (+6,9%).

Or, les «objectifs quantitatifs de croissance» que se fixe le régime incitent à adopter une «politique de relance incompatible avec les nécessités de développement à long terme», déplore le FMI, appelant à intensifier les réformes structurelles et à «réduire l'emprise du secteur étatique dans certains domaines».

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