Bilan

Le débat sur le Brexit sera éclipsé par la Grèce

La question du maintien, ou non, du Royaume-Uni dans l'UE sera évoquée jeudi par les dirigeants européens à Bruxelles, mais elle devrait être reléguée au second plan.

"Au cours de nos vies, nous avons vu le pire mais aussi le meilleur sur notre continent", a déclaré la reine Elizabeth II, en déplacement officiel en Allemagne. "Nous savons que la division en Europe est dangereuse et que nous devons nous en garder, aussi bien dans l'ouest que dans l'est de notre continent".

Crédits: AFP

La question du maintien, ou non, du Royaume-Uni dans l'UE sera évoquée jeudi soir par les dirigeants européens à Bruxelles, mais elle devrait être reléguée au second plan par la crise grecque et celle des migrants, selon des sources européennes.

C'est la première fois depuis sa nette victoire électorale de mai (et la confirmation qu'un référendum  sur l'ancrage européen du Royaume-Uni sera organisé dans son pays d'ici à fin 2017) que le Premier ministre britannique David Cameron retrouve pour un sommet à Bruxelles les chefs d’État et de gouvernement de l'UE.

M. Cameron a indiqué à son arrivée vouloir susciter le débat sur son projet controversé. "Nous sommes aujourd'hui à une étape cruciale dans ce processus, qui est de dire que la Grande-Bretagne a le droit d'obtenir cette renégociation et ce référendum pour répondre aux inquiétudes du peuple britannique sur l'Europe", a-t-il affirmé.

Mais "je ne pressens pas pour le moment, étant donné la situation, un énorme appétit pour une longue discussion complète sur la question britannique", a confié un diplomate européen de haut rang, sous couvert de l'anonymat.

Le dossier britannique pâtira dans tous les cas de l'urgence pour le sommet de régler la question grecque et de trouver une réponse européenne aux flux migratoires en Méditerranée.

Plutôt qu'une discussion à bâtons rompus sur les réformes souhaitées par Londres, les dirigeants européens ne devraient débattre que brièvement du sujet jeudi soir, au dîner, avant de convenir de la prochaine étape du processus, à savoir des discussions techniques à un niveau inférieur, croient savoir plusieurs sources européennes.

"Ils vont décider quel est le calendrier et comment ce processus devrait être organisé dans les quatre mois à venir", a précisé un responsable européen, prédisant une seule ligne sur le sujet dans les conclusions écrites du sommet.

D'après un brouillon de ces conclusions ayant fuité dans la presse, le conseil européen devrait simplement convenir de réexaminer le dossier en décembre.

David Cameron, qui veut négocier des réformes avant d'appeler au maintien ou non dans l'UE, est en tournée européenne depuis plusieurs semaines pour convaincre ses partenaires de leur bien-fondé. Il a déclaré récemment qu'il voyait dans ce sommet de jeudi et vendredi l'occasion de "donner le coup d'envoi à un processus de travail sur le fond en vue de trouver les solutions".

Il souhaite des négociations couvrant quatre domaines, selon des sources gouvernementales à Londres : des engagements sur la compétitivité, des garanties de protection pour les non-membres de la zone euro, d'autres sur la souveraineté (notamment la possibilité de ne pas respecter cet engagement des États membres à davantage de convergence et d'union). Et enfin le Premier ministre britannique veut pouvoir limiter l'accès à certaines prestations pour les migrants.

Mais il ne devrait pas dévoiler son jeu tout de suite face à ses partenaires de l'UE, comme le lui a conseillé le mois dernier son ministre chargé des questions européennes, David Lidington. David Cameron est aussi surveillé de près par les eurosceptiques dans son pays.

Côté Commission européenne, un haut-fonctionnaire expérimenté, Jonathan Faull, rompu au rôle d'intermédiaire entre Bruxelles et sa Grande-Bretagne natale, a été nommé par le président Jean-Claude Juncker à la tête d'une "task force" spécialement dédiée à la question du référendum britannique.

Mercredi, la reine Elizabeth II, en déplacement officiel en Allemagne, a pris part au débat en mettant en garde contre tout risque de division en Europe. "Au cours de nos vies, nous avons vu le pire mais aussi le meilleur sur notre continent", a déclaré la souveraine, selon les médias britanniques. "Nous savons que la division en Europe est dangereuse et que nous devons nous en garder, aussi bien dans l'ouest que dans l'est de notre continent".

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."