Bilan

Le commerce extérieur de la Chine trébuche en 2016

Les exportations et importations chinoises affichent en net repli en 2016, confirmant l'essoufflement de la Chine, à l'heure où la rhétorique de Donald Trump pourrait aggraver la situation.

Le commerce extérieur reste un pilier du PIB de la Chine et un moteur traditionnel de sa croissance.

Crédits: AFP

La Chine a vu son commerce extérieur reculer en 2016, exportations (-7,7%) et importations (-5,5%) s'affichant en net repli, confirmant l'essoufflement du géant asiatique, à l'heure où la rhétorique anti-chinoise de Donald Trump pourrait aggraver la situation.

Les exportations de la première puissance commerciale mondiale durant l'année passée ont atteint 2.100 milliards de dollars, et les importations 1.590 milliards, a annoncé vendredi l'administration des Douanes, soit un excédent commercial de 510 milliards.

"Certains obstacles subsistent pour le commerce extérieur chinois", a convenu le porte-parole des douanes Huang Songping lors d'une conférence de presse, jugeant l'environnement commercial international "austère et complexe".

Sur le seul mois de décembre, les exportations ont dévissé de 6,1% sur un an à 209,4 milliards de dollars. Les importations ont, dans le même temps, grimpé de 3,1%, à 168,6 milliards de dollars. L'excédent commercial chinois était ainsi de 40,8 milliards de dollars.

Le recul des exportations pour le mois dernier est nettement plus prononcé que celui attendu par un panel d'experts sondés par l'agence financière Bloomberg (-4%). Les importations ont quant à elles augmenté conformément à leur prévision (+3%).

Les statistiques des Douanes sont attentivement scrutées par les marchés pour jauger la santé de l'économie chinoise: le commerce extérieur reste un pilier du PIB de la Chine et un moteur traditionnel de sa croissance.

Une transition difficile

La conjoncture reste précaire: l'industrie en Chine est toujours plombée par des surcapacités massives; l'envolée de l'endettement inquiète; la croissance ne résiste que grâce à une bulle alarmante du secteur immobilier.

Le gouvernement chinois s'efforce de rééquilibrer le modèle de croissance du pays vers les services, les nouvelles technologies et la consommation intérieure, au détriment des industries lourdes et -- justement -- des exportations à faible valeur ajoutée. Mais la transition s'avère douloureuse.

Les exportations avaient progressé de 0,1% sur un an en novembre, à 196,8 milliards de dollars. Le sursaut était timide, mais cette stabilisation s'avérait de bon augure après sept mois de repli.

Leur chute en décembre intervient malgré des signes de reprise de la demande mondiale, une tendance reflétée par les chiffres positifs enregistrés dans les économies voisines, à Taïwan et en Corée du Sud, note Julian Evans-Pritchard, de Capital Economics.

Cela est inquiétant "étant donné que la situation actuelle de hausse des prix et de croissance relativement robuste de l'industrie mondiale aurait dû constituer un soutien pour le commerce chinois", souligne-t-il.

"Dans le futur, il est difficile de voir ce qui pourrait générer une reprise plus significative du commerce chinois", s'inquiète M. Evans-Pritchard.

La part du commerce dans le PIB chinois est tombée de 66% en 2006 à 40,7% en 2015, selon la Banque mondiale, mais reste un moteur de croissance crucial.

Le risque Trump

La perspective de vives tensions avec les Etats-Unis (2e partenaire commercial de Pékin après l'Union européenne) pourrait par ailleurs plomber les échanges de la Chine.

Le président élu américain Donald Trump a promis d'imposer une taxe prohibitive de 45% sur les importations chinoises. Il a également nommé pour la tête du Conseil du commerce national américain un économiste notoirement hostile à Pékin.

La posture du milliardaire républicain vis-à-vis du commerce chinois "pourrait entraîner une faiblesse structurelle sur le long terme pour les exportations chinoises", s'inquiétait vendredi la banque ANZ.

"La politique commerciale de Trump va probablement inciter les entreprises américaines à délocaliser leurs sites de production hors de Chine, même si les efforts de cette dernière pour favoriser la production haut de gamme pourraient contrebalancer une partie des pertes."

Face à l'Amérique de l'isolationniste Donald Trump et dans l'espoir notamment d'enrayer la chute de son commerce extérieur, la Chine se présente désormais en championne du libre-échange. Le président Xi Jinping devrait ainsi défendre mardi au Forum économique mondial de Davos, quelques jours avant la prise de fonction de M. Trump, sa vision d'une "mondialisation plus inclusive".

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