Bilan

Le Trésor britannique va "tirer les leçons" de l'affaire Greensill

Le Trésor britannique va "tirer les leçons" de l'affaire Greensill, et fera évoluer la régulation financière si c'est nécessaire, a assuré le ministre des Finances Rishi Sunak en réponse à un rapport de la commission du Trésor du Parlement.

Les règles pourraient évoluer sur certains points pour "prendre en compte les recommandations de la commission", selon le Chancelier britannique.

Crédits: Keystone

Cette puissante commission avait dévoilé fin juillet son rapport sur la faillite en mars de Greensill, spécialiste des prêts de court terme aux entreprises, et ses ramifications politico-financières. Le rapport contenait des recommandations au gouvernement visant à renforcer la régulation financière.

Les règles pourraient évoluer sur certains points pour "prendre en compte les recommandations de la commission", a affirmé le Chancelier dans une lettre publiée vendredi.

Dans le viseur du ministre, notamment, un mécanisme qui avait permis à Greensill d'exercer des activités règlementées en tant que "représentant désigné" d'une entreprise financière autorisée à exercer par la FCA, le gendarme financier britannique.

Elle échappait ainsi à sa supervision et évoluait de facto dans un flou juridique.

"Le Trésor a déjà commencé à réviser" ce mécanisme et envisage de le réformer "pour renforcer la surveillance (...) et prévenir les possibilités d'abus du système", assure M. Sunak.

Le Trésor pourrait aussi durcir les règles qui régissent les changements dans le contrôle des institutions bancaires, alors que les difficultés de la Wyelands Bank, acquise en 2016 par le groupe GFG Alliance du magnat de l'acier Sanjeev Gupta, l'un des principaux clients de Greensill, avait émaillé cette affaire.

La commission parlementaire avait aussi pointé les lacunes des règles encadrant le lobbying au Royaume-Uni, en référence à la pression exercée par l'ex-Premier ministre David Cameron sur les autorités en tant que conseiller de Greensill.

Selon Rishi Sunak, il s'agit "d'une question politique sérieuse" pour le gouvernement, mais la possibilité pour d'anciens membres du gouvernement de faire du lobbying est déjà limitée selon lui par l'organisme britannique chargé d'encadrer les nouvelles orientations professionnelles des ex-ministres.

David Cameron a été au centre de cette affaire compte tenu de son lobbying sans relâche auprès des autorités politiques et financières pour que la société ait accès à des programmes d'aides du gouvernement pendant la pandémie.

L'ex-Premier ministre n'avait toutefois rien fait d'illégal puisqu'il s'était écoulé plus de deux ans entre sa démission et sa prise de fonction chez Greensill, confortablement rémunérée. Les autorités avaient en outre rejeté ses demandes.

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