Bilan

Le revenu de transition écologique s’invite à Grande-Synthe

Pour la première fois, un revenu de transition écologique initié par la fondation suisse Zoein est expérimenté sur le terrain. A Grande-Synthe, près de Dunkerque, en France.

Les maraîchers de la Grande-Synthe.

Crédits: Fondation Zoein

Basée à Genève, la fondation Zoein, présidée par la philosophe et économiste franco-suisse Sophie Swaton, et la commune de Grande-Synthe dans le département du Nord signent ce 30 avril 2019 une convention de partenariat. Laquelle prévoit la mise en œuvre d’un revenu de transition écologique (RTE) auprès des habitants de la cité, située dans la périphérie de Dunkerque.


Cette commune, dont le tiers des 23'500 habitants gagne moins de 855 euros par mois - le seuil de pauvreté en France -, est devenue au fil des crises un véritable laboratoire d’expérimentation économique et sociale. «Le revenu de transition écologique se greffe sur toutes les initiatives de transition déjà prises dans la ville», relève Clément Cayol, chargé de mission sur le revenu de base au sein de la mairie.

S’impliquer dans une activité socio-écologique

«Toute personne qui reçoit le RTE, souligne Sophie Swaton, maître d’enseignement et de recherche à l’Université de Lausanne, doit impérativement être impliquée dans une activité socio-écologique. Par ailleurs, le RTE inclut un dispositif d’accompagnement, de soutien aux personnes concernées dans leurs projets de transition en durabilité. Dans les domaines les plus variés: agroécologie, permaculture, habitat écologique, énergies renouvelables, finance durable, éco-mobilité, biens ou matériaux bio-sourcés, recyclerie, etc.

Enfin, tout bénéficiaire d’un tel revenu doit adhérer à une structure démocratique: par exemple une coopérative d’activité et d’emploi en France ou l’une des très nombreuses associations existant en Suisse. Une telle intégration sociale est indispensable.»

Pour soutenir le projet, la fondation Zoein verse à la commune 30'000 euros par an pendant trois ans. Cette somme servira notamment à amorcer la mise en place d’une coopérative de transition écologique, à financer un poste de chercheur ainsi que les premiers revenus. Une poignée de candidats a déjà été sélectionnée dans des activités très variées: traiteurs, remise en état de meubles, retouche et couture, cuisine et restauration, activités maraîchères, etc.

Essaimage prochain?

Certains de ces nouveaux coopérateurs auront besoin d’une formation qui leur sera dispensée. A terme, tous ceux qui auront réussi à développer une activité rentable deviendront des «entrepreneurs salariés associés» et verseront un pourcentage de leur chiffre d’affaires à la coopérative.

En France, Limoux dans le département de l’Aude et Epinal dans celui des Vosges prévoient d’expérimenter le RTE. En Suisse, la commune de Meyrin, aux portes de Genève, affiche aussi de l’intérêt pour un tel projet, en jumelage avec une commune française.

Philippe Le Bé

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