Bilan

Le pétrole n'en finit plus de monter, le Brent frôle les 80 dollars

Les cours du pétrole brut ont enchaîné une cinquième séance de hausse d'affilée lundi, le Brent frôlant même les 80 dollars, dans un marché à l'offre durablement contrainte et qui voit s'accumuler les facteurs d'augmentation de la demande.

Le Brent est monté jusqu'à 79,90 dollars en séance, un niveau qu'il n'avait plus atteint depuis fin octobre 2018.

Crédits: AFP

Le contrat à terme sur le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre a fini à 79,53 dollars, en hausse de 1,84% ou 1,44 dollar par rapport à la clôture de vendredi, à Londres.

Le Brent est monté jusqu'à 79,90 dollars en séance, un niveau qu'il n'avait plus atteint depuis fin octobre 2018.

A New York, le baril de WTI américain pour livraison le même mois a lui gagné 1,98% ou 1,47 dollar, à 75.45 dollars.

"C'est un peu la même histoire" que les séances précédentes, a commenté Matt Smith, responsable de l'analyse pétrole pour le fournisseur de données spécialisé dans les matières premières Kpler, les acteurs du marché demeurant convaincus que l'offre est insuffisante.

La production des installations du Golfe du Mexique est encore loin de la pleine capacité, du fait des dégâts causés par l'ouragan Ida fin août, et les membres de l'Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep), ainsi que leurs alliés de l'Opep+ font preuve d'auto-discipline dans le relèvement très progressif de leurs volumes.

Le marché s'attend, lors de la publication hebdomadaire de mercredi, à une nouvelle baisse des stocks de brut américains, qui serait la huitième de suite, pour des réserves qui sont déjà à leur plus bas niveau depuis trois ans.

L'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) prévoit que la production américaine augmente en 2022, pour atteindre environ 11,7 millions de barils par jour (mb/j), contre 10,55 mb/j actuellement (en moyenne sur les quatre semaines de mi-août à mi-septembre).

Mais l'offre américaine ne pourra être renforcée que par des projets dits de cycle court, principalement pour l'extraction de pétrole de schiste par fracturation hydraulique.

Car "personne (hors de l'Opep) n'investit (actuellement) dans des projets conventionnels", c'est-à-dire des projets nécessitant des investissements importants et à la rentabilité à plus long terme, explique M. Smith.

"Nous sommes à une époque où tout le monde se concentre sur la sortie du pétrole, et où (l'exploitation des) énergies fossiles est diabolisée", souligne l'analyste.

A court terme, les regards sont tournés vers la réunion de l'Opep, lundi prochain.

Pour Matt Smith, "l'Opep va maintenir le cap" et confirmer son calendrier de relèvement progressif de sa production, ajoutant 400.000 barils par jour chaque mois jusqu'en septembre 2022, plutôt que de modifier sa trajectoire pour soulager les cours.

L'analyste, comme plusieurs autres, voit ainsi le baril de Brent dépasser, à brève échéance, le seuil des 80 dollars.

"On est dans une zone confortable pour les cours", fait-il valoir. "C'est un bon prix pour les producteurs, mais ce n'est pas de nature à faire baisser la demande."

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