Bilan

Le Parti libéral-radical lave plus vert

Le raz-de-marée écologique aux dernières élections cantonales pousse le PLR à se préoccuper des problèmes environnementaux. Pur opportunisme? Décryptage.

Ruedi Noser, conseiller aux Etats PLR zurichois, dit s’intéresser à l’écologie «depuis toujours».

Crédits: Anthony Anex

Si on en doutait encore, les élections cantonales à Lucerne et à Schaffhouse du 31 mars sont venues confirmer le raz-de-marée écologiste qu’annonçait le scrutin zurichois de la semaine précédente. Le 26 mars, le Parti radical-libéral (PLR) a perdu son deuxième siège historique dans le canton d’Alfred Escher au profit du Vert Martin Neukom. A l’UDC, Christoph Blocher serait apparemment descendu de son fief de Herrliberg afin de mettre à pied la direction de la section zurichoise. Le parti fustigeant «l’hystérie climatique» a perdu 23 sièges dans trois parlements cantonaux en huit jours. Les grands gagnants, ce sont bien sûr les Verts. La formation politique en a gagné 41 depuis les élections fédérales de 2015. Quant aux Verts’ libéraux, leur députation dans les cantons augmente de 17 sièges. 

A six mois des élections fédérales d’octobre, il faut reconnaître un certain flair à Ruedi Noser, conseiller aux Etats PLR zurichois. Avant même la débâcle des dernières élections cantonales, ce partisan de l’initiative pour les glaciers disait à Bilan: «Je m’intéresse depuis toujours aux questions d’écologie. Je suis engagé de longue date dans la promotion de l’économie circulaire. Le libéralisme que nous défendons s’entend comme une politique globale et durable. En ce sens, les lobbyistes de l’industrie suisse n’ont pas beaucoup d’influence au sein du PLR. Je pense que la majorité des forces radicales me suit dans cette direction.» Avec la claque des élections zurichoises, les conversions à l’économie durable font maintenant figure de course au sprint. Même pour les députés les plus distants des questions climatiques, tels que le vice-président du PLR et conseiller national valaisan Philippe Nantermod qui a admis dans la presse au lendemain de la débâcle dans la cité de Zwingli: «Il faut que les électeurs de droite favorables à l’écologie se reconnaissent dans le programme de notre parti.» 

Maintenir la pression

Une volte-face de pur opportunisme? «Pour l’instant, le revirement du PLR ressemble à un attrape-nigaud car dix-sept jours après les élections zurichoises, le PLR rejetait en bloc les 8 motions pour le climat au Conseil national. Si ce parti se montrait plus constructif en la matière, on pourrait pourtant accélérer l’assainissement des bâtiments et du parc automobile», observe Roger Nordmann, conseiller national socialiste vaudois. 

Même ouverture au dialogue chez la conseillère nationale vaudoise Vert’libérale (PVL) Isabelle Chevalley, traditionnelle alliée des Verts, qui se réjouit d’étendre son cercle d’alliance à droite. «En politique, on n’a jamais raison tout seul. Pour bâtir une majorité en faveur des causes environnementales au Parlement, dans la configuration politique actuelle, les voix PLR s’avèrent déterminantes.» 

D’après cette ancienne libérale, fondatrice du mouvement Ecologie libérale en Suisse romande, la vague verte va durer car les jeunes qui manifestent pour le climat sont en train de s’organiser pour maintenir la pression. Quant aux députés bourgeois se découvrant la fibre écologique, la présidente du Parti vert’libéral les a à l’œil. «Il reste deux sessions parlementaires jusqu’aux élections d’octobre. On jugera aux votes des parlementaires si leur souci de la cause environnementale est sincère ou non. L’écologie n’est pas un gadget de campagne.» 

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

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Journaliste chez Bilan, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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