Bilan

Le Montreux Jazz Festival: si grand et si petit à la fois

Pendant deux semaines, habitants et visiteurs de Montreux vivent au rythme des concerts du Montreux Jazz Festival. La manifestation existe notamment grâce à ses partenaires dont les nouveaux venus: Audemars Piguet et Super Bock.

Plusieurs dizaines de concerts s'enchaînent durant la quinzaine.

Crédits: @2018FFJM - Emilien Itim

«On a chaque année des soucis pour tourner», lance Mathieu Jaton. Le directeur du Montreux Jazz Festival le reconnaît: difficile de rester serein lorsqu’il existe autant de variables. D’autant plus que tout ne dépend pas des organisateurs. «Une manifestation comme cela, c’est un budget de 28 millions et surtout 70% de revenus aléatoires» poursuit le directeur.

Par aléatoire, il précise la vente de billets et de nourriture et de boissons. «Si nous avons deux semaines de pluie, c’est clair que nous sommes dans le rouge. Même cinq jours…», confie-t-il. Si les premiers jours du festival - qui débute ce vendredi - se font sous la canicule, la météo demeure une variable très changeante. Le taux de remplissage espéré s’élève lui à 80%, de quoi rentrer dans ses frais.

A la recherche d’expérience

Comme beaucoup d’événements, le Montreux Jazz Festival a pour but d’offrir une expérience à ses visiteurs. Mathieu Jaton insiste sur les valeurs du festival, qui sont selon lui bien visibles à travers les différents partenaires. «Nous ne parlons plus spécialement de sponsors mais de partenaires», glisse-t-il. Et pour cause: des marques comme Audemars Piguet ou Super Bock ont des liens avec le monde de la musique.

Les horlogers de la Vallée de Joux ont créé plusieurs garde-temps mettant à l’honneur des chanteurs ou des courants musicaux tandis que Super Bock organise des festivals au Portugal. Pour eux comme pour les organisateurs du Montreux Jazz, pas question de se contenter d’une bâche et d’un logo sur les prospectus. «Ces vieilles méthodes de l’époque, un chèque contre de la visibilité, cela fait longtemps que ça n’existe plus» confirme Mathieu Jaton.

Mathieu Jaton, directeur du Montreux Jazz Festival. Crédits:©FFJM-AnoushAbrar_c

Aujourd’hui, les marques proposent des terrasses aux festivaliers. Elles décident de leur programmation et de la façon dont elles veulent se mettre en valeur. Le directeur l’explique: «un cas clair est celui de la terrasse Ibis Music. Cela complète nous permet d’avoir une l’offre culturelle musicale gratuite pour les visiteurs».

La musique, porteuse ?

L’intérêt de la musique par rapport à d’autres secteurs ? «La musique touche dans toutes les cultures et tous les pays » avance le directeur du festival. Mais les partenaires ont beau baigner dans le milieu, c’est bel et bien le Montreux Jazz qui a force de décision sur sa programmation. «C’est notre corps de métier, et cela reste à nous» tranche Mathieu Jaton.

Le véritable cachet ? L’ambiance

Qui dit tête d’affiche dit gros cachet pour la faire venir. Pourtant, le directeur du Montreux Jazz tempère cette affirmation. Pour lui, le Montreux Jazz reste un «petit joueur» en termes de spectateurs, avec ses 4000 places. «Les cachets sont au prorata de la capacité d’un lieu, ce qui fait que les montants sont souvent inférieurs à ce qu’il y a sur le marché européen».

Les stars de la musique qui ont fait escale à Montreux sont nombreuses: Muse, Lady Gaga, Ed Sheeran, Elton John et bien d’autres ont choisi d’inclure l’événement dans leur tournée. Un choix qui relève de l’émotionnel selon Mathieu Jaton. «Parfois ils recherchent une ambiance intimiste. Des artistes comme Sting et Janet Jackson ont choisi de venir car ils connaissent la qualité, le lieu, la réputation et l’histoire du Montreux Jazz».

Sur les bords du Léman à Montreux, près de 2/3 du festival est gratuit. La manifestation génère d’ailleurs un fort tourisme – estimé selon les organisateurs à 60'000 nuitées sur la région durant les deux semaines. «Ce week-end, il n’y a pas une seule chambre disponible jusqu’à Lausanne», se réjouit Mathieu Jaton. 

Mais le MJF voit-il son retour sur investissement? Si aucun subside fédéral ou cantonal n’est accordé à la manifestation, la commune de Montreux fait pour sa part de grands efforts pour la bonne tenue de l’événement. «Montreux  nous donne presque les clés pendant deux semaines. Nous avons tous les services de la ville qui sont derrière nous et qui veulent trouver des solutions. Cela vaut tout l’or du monde».

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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