Bilan

Le Montreux Jazz fera briller ses archives et concerts à travers son propre média

«Montreux Media Ventures» est la dernière filiale du Montreux Jazz Festival. Le but: utiliser les archives pour mettre en valeur le contenu du festival. Cela s’inscrit dans les stratégies pour gagner en revenus toute l’année, à l’image des cafés.

Nicolas Bonard, CEO de Montreux Media Ventures, et Mathieu Jaton, CEO du Montreux Jazz Festival.

Crédits: Anne-Laure Lechat

David Bowie, Aretha Franklin mais aussi Lenny Kravitz ou Lionel Richie cette année: Le Montreux Jazz peut se targuer d’avoir chaque année des artistes de renom à l'affiche. Une fois venus, ils laissent une myriade de souvenirs dans la tête des spectateurs. Le festival compte dans ses archives plus de 11'000 heures de concerts. Autant de patrimoine qui mérite d’être mis en avant selon les membres du festival. D’autant plus que le Montreux Jazz évolue dans le milieu culturel, celui qui doit redoubler d’effort pour trouver des financements.

C’est pourquoi le Montreux Jazz Festival (MJF) a décidé de lancer son propre média et fonder son entreprise de création de contenu. Pour diriger ce «Montreux Media Ventures» - ou MMV - c’est Nicolas Bonard qui a été choisi. Le CEO était auparavant cadre supérieur au sein d’MTV, Discovery Channel et Vice Media. «Il est Montreusien. Il a même été stagiaire au festival dans sa jeunesse», se réjouit Mathieu Jaton, directeur du MJF.

Très au fait des stratégies numériques, Nicolas Bonard entend raconter les dessous de la scène. Il déclare: «l’Innovation à la fois créative et technologique va diriger notre stratégie de contenu. Nous collaborons avec les talents, des musiciens aux directeurs des stars, pour tourner notre contenu en direct de manière nouvelle, créative, avec des capacité de production cinématographiques.» Il précise que l’audience devra rester au centre des préoccupations. «Nous n’avions tout simplement par les forces humaines pour réaliser ce travail à l’année», précise Mathieu Jaton.

Un processus entamé au 1er janvier 2019

Le Montreux Jazz est depuis longtemps actif sur tous les réseaux et intervient régulièrement dans les médias locaux, tant le festival résonne au-delà des rives du Léman. «Cela fait depuis le 1er janvier que nous produisons du contenu de première main», affirme Marc Zendrini, porte-parole du festival.

Pour 2020 par exemple, il promet de nouvelles choses: «Nos réalisateurs vont filmer de manière plus artistiques, avec différents angles». Mathieu Jaton, directeur du MJF, explique pourquoi ce projet va dans la lignée de ce qui a déjà été fait: «Au Montreux Jazz Festival, les artistes sont proches de leurs fans, ce qui encourage des moments uniques. Le festival est un terrain de jeu spécial pour les artistes qui réimaginent parfois leurs concerts juste pour Montreux. C’est cet esprit d’intimité et de liberté créative que nous voulons partager dans notre développement de contenu global.»

Si les amateurs de musique restent les premiers ciblés, il y a bien une dimension économique à prendre en compte. «L’activation des partenaires se fait beaucoup à travers le digital. Nous voulons leur proposer un contenu original, différent», explique Mathieu Jaton.

Logique «à la carte»

Toujours plus loin dans son idée, le Montreux Jazz Festival tente de proposer du contenu de plus en plus ciblé pour ses partenaires, marques et labels. Disposer de son propre centre de création de contenu permettra au festival de mieux s’aligner sur ce que proposent ou demandent les marques, en termes d’ambiance ou de contenus à diffuser. Ce Montreux Media Ventures nouvellement créé ne se limite pas à la création de contenu puisqu’il servira également à créer des événements musicaux.

Pour prouver de quoi ils sont capables, les employés du MMV se lancent dans une tournée mondiale en treize dates avec le groupe hôtelier «The Fairmont Hotel Group». Des artistes vont se produire en concert dans différentes villes en Amérique du Sud, du Nord, en Asie et en Europe. Cela donnera lieu à des contenus spéciaux pour les réseaux sociaux, des longs formats ou encore d’autres types de publications. Les dates précises de la tournée ainsi que les artistes qui y participent ne sont pas encore connus. «C’est un exemple de synergie entre un partenaire du festival et cette société – qui est mandatée.» D’autres projets sont en cours, dont un documentaire réalisé avec Quincy Jones, une légende du festival.

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Rebecca Garcia

JOURNALISTE À BILAN

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Rebecca Garcia a tout juste connu la connexion internet coupée à chaque téléphone. Elle a grandi avec la digitalisation, l’innovation et Claire Chazal. Elle fait ses premiers pas en journalisme sportif, avant de bifurquer par hasard vers la radio. Elle commence et termine ensuite son Master en journalisme et communication dans son canton de Neuchâtel, qu’elle représente (plus ou moins) fièrement à l’aide de son accent. Grâce à ses études, elle découvre durant 2 mois le quotidien d’une télévision locale, à travers un stage à Canal 9.

A Bilan depuis 2018, en tant que rédactrice web et vidéo, elle s’intéresse particulièrement aux nouvelles technologies, aux sujets de société, au business du sport et aux jeux vidéo.

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