Bilan

Le Brassus: Audemars Piguet a investi des centaines de millions

Audemars Piguet est désormais la seule grande entreprise horlogère dont le siège social est encore dans la vallée de Joux.

Crédits: AP

Au cœur de la vallée de Joux, les manufactures Audemars Piguet, Vacheron Constantin, Jaeger-LeCoultre, Blancpain, Breguet, Bulgari, Patek Philippe côtoient la fabrique de composants CHH-Microtechnique, etc., ainsi que des petits artisans indépendants. La majorité des acteurs appartiennent soit à Swatch Group soit à Richemont.

Audemars Piguet est désormais la seule grande entreprise horlogère indépendante qui a encore son siège social dans cette région du Jura vaudois. Le Brassus, c’est le village natal de Jules Louis Audemars et d’Edward Auguste Piguet. Agé d’une vingtaine d’années, le premier a ouvert en 1875 un atelier destiné à la fabrication d’ébauches compliquées. Puis, six ans plus tard, il s’est associé avec son ancien camarade d’école pour fabriquer et commercialiser des montres à complications. Le début d’une formidable aventure qui se poursuit aujourd’hui dans la vallée de Joux où Audemars Piguet emploie environ 1200 collaborateurs, dont une majorité de frontaliers (l’entreprise refuse d’en communiquer le nombre exact).

Cette manufacture, dont l’augmentation des ventes depuis plusieurs décennies repose sur la Royal Oak, reste très attachée au Brassus, comme le montrent les investissements réalisés et en cours. D’abord, elle a inauguré en été 2020 un musée-atelier conçu sur le modèle d’un spiral de montre imaginé par le cabinet d’architecture danois Bjarke Ingels. Le visiteur découvre non seulement des chefs-d’œuvre de complication mais il peut aussi s’essayer à certaines techniques, comme le satinage et le perlage.

Un site unique de production

Ensuite, l’entreprise vient d’ouvrir une nouvelle page de son histoire avec le début de la construction d’un bâtiment adjacent à l’actuelle manufacture des Forges. «Appelé Arc, celui-ci permettra dès l’été 2024 de réunir sur un même site toute la production industrielle réalisée à la vallée de Joux», relève une porte-parole d’Audemars Piguet.

Enfin, l’Hôtel des Horlogers sera rouvert l’an prochain après une profonde transformation. Il comprendra une cinquantaine de chambres et de suites, ainsi que trois restaurants, des salles de conférences et un espace bien-être. Réalisé par le cabinet d’architecture CCHE, l’édifice en forme de Z est décliné en cinq rampes afin de pouvoir l’intégrer dans le paysage de la région. Au total, les investissements se chiffrent à des centaines de millions de francs, mais la société ne veut pas en indiquer le montant exact.

Pour Le Chenit, qui englobe la fraction du Brassus, la présence des entreprises horlogères se répercute positivement dans ses comptes. Les recettes tirées de l’impôt sur le bénéfice ont ainsi rapporté à cette commune 14,8 millions de francs en 2014. Depuis ce record absolu, elles ont toutefois fortement baissé pour atteindre seulement 4,5 millions de francs en 2020 en raison de la pandémie de coronavirus qui a durement affecté les ventes de montres. «La réussite commerciale des entreprises horlogères joue un rôle clé pour notre commune. Mais la volatilité de leurs affaires complexifie la planification financière à court et moyen terme. C’est le principal défi auquel nous sommes confrontés», relève le syndic Olivier Baudat. De leur côté, avec un montant qui a atteint aussi 4,5 millions de francs en 2020, l’impôt des frontaliers constitue une autre source de revenus importante. Comme d’autres manufactures, Audemars Piguet est toujours en mains familiales. Avec Jacqueline et Olivier Audemars, la quatrième génération en tient les rênes.


1344 Nombre d’habitants au Brassus.
3758
 Nombre de frontaliers travaillant dans les entreprises de la commune du Chenit.
4,5
 L’impôt sur le bénéfice, en millions de francs, payé par les personnes morales.
(Chiffres au 31 décembre 2020)

Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Jean-Philippe Buchs est journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix BZ du journalisme local 1991, Prix Jean Dumur 1998, AgroPrix 2005 et 2019.

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