Bilan

L'année 2019 dans le monde

Contestations tous azimuts, canicules exceptionnelles mais aussi le feuilleton du Brexit ou la procédure de destitution contre Donald Trump : rappel des événements marquants de 2019 dans le monde.

La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, décidée par les Britanniques par référendum en 2016, initialement prévue le 29 mars 2019, est reportée à trois reprises, repoussée au plus tard au 31 janvier 2020, faute d'accord entre les Britanniques sur les conditions du divorce.

Crédits: AFP

Crises en série en Amérique latine

En janvier, l'opposant vénézuélien Juan Guaido se proclame président par intérim, réclamant le départ de Nicolas Maduro dont il conteste la réélection, dans un pays en proie à un effondrement économique et une grave crise migratoire. Il est reconnu par une cinquantaine de pays, dont les Etats-Unis. Soutenu par l'armée, Maduro reste en poste.

A Haïti, plusieurs dizaines de personnes sont mortes depuis mi-septembre dans des manifestations réclamant la démission du président Jovenel Moïse suite à une pénurie de carburants.

En octobre, l'Equateur est paralysé presque deux semaines après la suppression de subventions pour les carburants, finalement annulée.

Au Chili, le Parlement décide mi-novembre de lancer un référendum pour réviser la Constitution héritée de la dictature de Pinochet après un mois d'une violente contestation des inégalités socio-économiques (une vingtaine de morts, plus de 2.000 blessés).

La Bolivie annule le 24 novembre la réélection contestée du président Evo Morales, après quatre semaines de protestation qui ont fait plusieurs dizaines de morts. Lâché par la police et l'armée, le premier président indigène du pays avait démissionné le 10 novembre, s'exilant au Mexique et dénonçant un coup d'Etat.

En Colombie, le président de droite Ivan Duque est lui aussi confronté depuis le 21 novembre à une contestation inhabituelle marquée par des manifestations massives.

Révoltes arabes, émeutes en Iran

Le 22 février commencent en Algérie des manifestations massives contre la candidature à un cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika, très affaibli depuis un AVC en 2013. Le 2 avril, le président démissionne sous la pression de la rue et de l'armée.

Mais les Algériens continuent manifester en masse, déterminés à se débarrasser de l'ensemble du "système", en place depuis l'indépendance en 1962.

Le 11 avril, au Soudan, c'est au tour d'Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 30 ans, d'être destitué par l'armée après quatre mois d'un mouvement populaire, déclenché par le triplement du prix du pain. La répression du soulèvement fait plus de 250 morts selon les manifestants. En août, le pays se dote d'un Conseil de transition.

En Irak, une contestation sociale débute le 1er octobre contre la corruption, le chômage et la déliquescence des services publics, avant de dégénérer en grave crise politique. Le 1er décembre, le Parlement accepte la démission du gouvernement.

Plus de 420 personnes, en majorité des manifestants, ont été tuées, et des milliers blessées à Bagdad et dans le Sud chiite.

Au Liban, l'annonce le 17 octobre d'une taxe --vite annulée-- sur les appels via la messagerie WhatsApp suscite une vive réaction populaire, entraînant la démission du Premier ministre Saad Hariri. Les manifestants continuent à réclamer le départ de toute la classe politique, jugée corrompue et incapable de mettre fin au marasme économique.

Et l'Iran a été le théâtre mi-novembre de plusieurs jours d'émeutes après une hausse du prix de l'essence, faisant cinq morts, selon les autorités, et plus de 200, selon Amnesty International.

Boeing dans la tourmente

A la mi-mars les avions 737 MAX du constructeur américain Boeing sont cloués au sol, après deux crashs d'appareils de Lion Air et Ethiopian Airlines, totalisant 346 morts. Le système automatique censé empêcher l'avion de partir en piqué est mis en cause.

La crise a déjà coûté une dizaine de milliards de dollars au constructeur, qui fait face à des plaintes de victimes et à des enquêtes des autorités américaines.

GB: la saga du Brexit

La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, décidée par les Britanniques par référendum en 2016, initialement prévue le 29 mars 2019, est reportée à trois reprises, repoussée au plus tard au 31 janvier 2020, faute d'accord entre les Britanniques sur les conditions du divorce. Les députés rejettent un accord conclu avec l'UE par la Première ministre Theresa May puis un second texte négocié par son successeur Boris Johnson, qui obtient l'organisation d'élections anticipées le 12 décembre.

Notre-Dame de Paris en flammes

Le 15 avril, la toiture et la charpente de la cathédrale Notre-Dame de Paris sont ravagées par un incendie.

Les pompiers parviennent à sauver l'édifice gothique. Une chaîne humaine extrait la quasi-totalité des œuvres et reliques.

L'incendie d'un des monuments les plus visités d'Europe suscite une émotion planétaire, générant 922 millions d'euros de promesses de dons pour sa reconstruction, qui prendra des années.

Image d'un trou noir

En avril, une équipe internationale de scientifiques révèle la première image d'un trou noir : un rond sombre au milieu d'un halo flamboyant, au centre de la galaxie M87, à environ 50 millions d'années-lumière de la Terre.

Escalade avec l'Iran

En mai, Téhéran commence à se désengager de l'accord international de 2015 sur son programme nucléaire, en riposte au retrait des Etats-Unis en 2018 et au rétablissement de sanctions.

La pression monte entre Washington et Téhéran après des sabotages et attaques de navires dans le Golfe, imputées à l'Iran qui dément.

Le 14 septembre, des attaques contre des infrastructures pétrolières en Arabie saoudite sont revendiquées par les rebelles yéménites Houthis, soutenus par Téhéran.

Le 7 novembre, l'Iran relance des activités d'enrichissement d'uranium dans son usine souterraine de Fordo (180 km au sud de Téhéran).

Manifestations à Hong Kong

Hong Kong connaît depuis juin sa crise la plus grave depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des manifestations quasi-quotidiennes de plus en plus violentes contre l'ingérence jugée grandissante de Pékin et pour des réformes démocratiques.

Le 24 novembre, les candidats prodémocratie remportent une écrasante victoire aux élections locales.

Records de chaleur

Juillet 2019 est le mois le plus chaud jamais mesuré, avec des records de températures en Europe comme au Pôle Nord. En août, l'Islande dit adieu à son premier glacier disparu, tandis que 400 autres sont menacés.

En août et septembre des incendies ravagent des régions entières d'Amazonie, en raison de la déforestation, suscitant de vives critiques de la politique du président brésilien d'extrême droite Jair Bolsonaro. L'Australie affronte en novembre des incendies sans précédent.

La jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg rallie des millions de personnes à son mouvement "Fridays for Future".

Désengagement américain

Début août, les Etats-Unis sortent du traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF), conclu pendant la Guerre froide avec Moscou.

Au nom de "l'Amérique d'abord", Donald Trump multiplie les désengagements de la scène multilatérale : retrait du nord-est syrien, officialisation du retrait de l'accord de Paris sur le climat, lancement d'une guerre commerciale sans merci avec ses partenaires, notamment l'Union européenne et la Chine dont l'économie ralentit fortement.

«Impeachment»

Les parlementaires démocrates initient le 24 septembre une procédure de destitution ("impeachment") de Donald Trump, soupçonné d'abus de pouvoir pour avoir demandé à l'Ukraine d'enquêter sur le démocrate Joe Biden, adversaire potentiel à la présidentielle de 2020.

Lors d'auditions publiques, des témoins, dont plusieurs diplomates, livrent de nombreux éléments à charge contre le président.

Si la procédure aboutissait à un procès au Sénat, la majorité républicaine devrait vraisemblablement bloquer la destitution.

Syrie: offensive turque

Le 9 octobre, la Turquie lance une offensive contre la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG), alliées des Occidentaux dans la lutte antijihadiste, mais qualifiée de "terroriste" par Ankara en raison de ses liens avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).

L'opération, lancée après l'annonce par Donald Trump d'un retrait de troupes américaines du nord-est syrien, suscite un tollé international.

Ankara, qui souhaite établir une "zone de sécurité" dans le nord syrien pour y installer deux millions de Syriens réfugiés en Turquie, met fin le 23 octobre à son offensive, après deux accords négociés séparément avec les Etats-Unis et la Russie.

Baghdadi tué

Le 27 octobre, Donald Trump annonce la mort du chef du groupe Etat islamique (EI), Abou Bakr al-Baghdadi, lors d'une opération militaire américaine dans le nord-ouest de la Syrie. Considéré comme responsable de multiples exactions et atrocités en Irak et en Syrie et d'attentats sanglants, Baghdadi s'est fait exploser dans le village où il se cachait.

Fin mars, les forces arabo-kurdes aidées par les Etats-Unis s'emparent de Baghouz, dernier bastion syrien de l'EI, scellant la fin du califat. Mais des cellules dormantes subsistent à travers la Syrie.

Gilets jaunes sur les Champs-Elysées

Le 16 mars, Paris connaît une nouvelle flambée de violences, avec des boutiques pillées et incendiées sur les Champs-Elysées, au quatrième mois de mobilisation des "gilets jaunes" contre la politique sociale et fiscale du gouvernement. Le préfet de police de Paris est limogé.

Onze personnes sont décédées depuis le début des protestations, qui ont faibli au fil des mois, des milliers ont été blessées. L'ONU s'est inquiétée de témoignages d'un "usage excessif de la force", réclamant une enquête.

Les Gafa sous pression

Aux Etats-Unis et en Europe, les géants d'internet Google, Apple, Facebook et Amazon, critiqués sur la protection des données personnelles ou sur des positions dominantes (marché publicitaire, recherche en ligne, commerce électronique...), font l'objet d'enquêtes, menaces de démantèlement et amendes (5 milliards de dollars pour Facebook aux Etats-Unis).

Un bras de fer oppose des géants du web aux médias sur la rémunération des contenus de presse qu'ils reprennent, captant l'essentiel des revenus publicitaires en ligne. En France, Google et Facebook refusent de verser à la presse des "droits voisins", un mécanisme de partage des revenus permis par la transposition d'une directive européenne, adoptée fin mars.

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