Bilan

La zone euro se dit prête à résister au "choc" d'un Brexit

Le chef de la zone euro s'est efforcé de dédramatiser jeudi le risque de Brexit, qui a le vent en poupe dans les sondages, suscitant plus que jamais l'inquiétude.

La zone euro a "la capacité de faire face à n'importe quel choc qui pourrait se produire", a assuré à Luxembourg le président néerlandais de l'Eurogroupe.

Crédits: AFP

Le chef de file de la zone euro s'est efforcé de dédramatiser jeudi le risque de plus en plus palpable de Brexit, qui alarme les grandes banques centrales en quête de remèdes pour dynamiser l'économie.

La zone euro a "la capacité de faire face à n'importe quel choc qui pourrait se produire", a assuré à Luxembourg le président néerlandais de l'Eurogroupe, le forum des ministres des Finances de l'Union monétaire, Jeroen Dijsselbloem, à une semaine du référendum britannique sur un éventuel retrait du pays de l'Union européenne.

"Le départ de la Grande-Bretagne de l'Union européenne serait (...) une difficulté pour l'Europe mais d'abord et avant tout un drame pour la Grande-Bretagne", a pour sa part fait valoir le ministre français des Finances, Michel Sapin.

Ces déclarations ont lieu alors que le camp du Brexit a le vent en poupe dans les sondages, suscitant plus que jamais l'inquiétude dans les milieux économiques.

Une sortie du Royaume-Uni de l'UE provoquerait un accès "d'incertitude" et de "volatilité" et conduirait à un ralentissement de la croissance économique, a ainsi mis en garde jeudi le Fonds monétaire international (FMI).

Lorsque les électeurs britanniques se prononceront le 23 juin sur le maintien de leur pays dans l'UE, "il n'est pas exclu que les incertitudes et les turbulences se multiplient", a aussi prévenu le président de la Banque nationale suisse (BNS) Thomas Jordan.

Les banques centrales préoccupées

La Banque d'Angleterre (BoE) a enfoncé le clou, jugeant que le référendum était le "plus gros risque immédiat" pour les marchés financiers britanniques.

Mercredi déjà, la présidente de la Fed américaine, Janet Yellen, avait estimé qu'un Brexit pourrait "avoir des conséquences économiques et financières au niveau mondial". Le référendum est l'un des facteurs ayant poussé la Fed au statuquo mercredi.

La Banque du Japon (BoJ) ne s'est pas montrée plus audacieuse jeudi, en laissant inchangée sa politique monétaire malgré la récente appréciation du yen qui fragilise la troisième économie mondiale.

La Banque centrale européenne (BCE) a quant à elle rappelé qu'elle agirait "en utilisant tous les instruments à sa disposition" en cas de matérialisation des risques pour la stabilité des prix, parmi lesquels un Brexit figure en bonne place.

"Il est clair que le référendum et les turbulences actuelles sur les marchés compliquent la situation des banques centrales", estime pour l'AFP Carsten Brzeski, chef économiste chez ING-Diba.

Depuis plusieurs années, les grandes banques centrales se démènent, en déversant des montagnes de liquidités dans le circuit financier et en abaissant les taux d'intérêt, pour soutenir une économie mondiale très fragile depuis la crise financière de 2008, et pour faire repartir les prix. Les résultats sont jusqu'à présent mitigés.

Les marchés boursiers chahutés

Les Bourses européennes se montrent fébriles. Francfort, Paris et Londres ont toutes clôturé en légère baisse jeudi. Sur le marché obligataire, l'emprunt allemand à 10 ans a vu son taux passer sous zéro cette semaine, signe d'une ruée sur ce placement refuge.

En cas de Brexit, "les marchés seraient à nouveau fragilisés, on pourrait assister à une chute du cours des actions et de l'euro, une fuite des investisseurs vers les placements sûrs et éventuellement à un durcissement des conditions de financement pour certains Etats de la zone euro", estime M. Brzeski, selon qui un Brexit "a incontestablement le potentiel pour déstabiliser l'économie européenne".

Pour Ben May, économiste pour Oxford Economics, les conséquences économiques pourraient être plus limitées que ne le craignent certains observateurs.

"Beaucoup de choses vont dépendre de la réaction des marchés en cas de victoire des partisans du Brexit. Si ces réactions sont bénignes, alors les banques centrales seront à l'aise pour poursuivre le cours actuel de leurs politiques", dit-il.

Mais en cas de fortes perturbations, il serait "vraisemblable que la Banque du Japon augmente encore ses mesures d'assouplissement monétaire", estime Christiane von Berg, de BayernLB.

La Fed pourrait quant à elle être tentée de reporter dans le temps la remontée de ses taux directeurs, anticipe M. Brzeski. Et pour la BCE, qui intervient directement sur les marchés, la semaine prochaine sera "très tendue", Brexit ou pas.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."