Bilan

La vente d'alcools en poudre bientôt autorisée aux USA?

L'administration fédérale américaine vient d'autoriser la vente de certains alcools sous forme lyophilisée. Critiquée par les alcooliers traditionnels, la décision concerne les cocktails dans un premier temps et non les alcools purs.
  • Les cocktails peuvent désormais être achetés en poudre aux Etats-Unis.

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  • Palcohol propose de fabriquer ses cocktails en mêlant une poudre à un liquide non alcoolisé.

    Crédits: Image: DR

Après la nourriture et les boissons (thé, café) lyophilisées, connues depuis plusieurs décennies, ce sont les boissons alcoolisées qui débarquent en poudre. La société américaine Palcohol (Pal signifie ami en argot américain) vient de voir l'Alcohol and Tobacco Tax and Trade Bureau approuver la commercialisation de cocktails en poudre. L'administration fédérale a par contre refusé de valider la vente d'alcools purs (gin, vodka, whisky, rhum). Et pour que la vente soit définitivement possible, Palcohol devra encore attendre que le gouvernement fédéral et les états suivent (ou non) cet avis.

Mais si tel était leur choix, des sachets de Mojito, de Cosmopolitan ou de Powderia (une déclinaison de la Margarita) pourraient faire irruption sur les étals des supermarchés américains dès l'automne. D'ici là, Palcohol, qui a breveté son procédé pour lyophiliser les boissons alcoolisées, devra encore faire face au tir de barrage que lui réservent les alcooliers traditionnels.

De l'alcool à emmener partout

Et ceux-ci ne devraient pas tarder à s'engouffrer dans la brèche béante laissée par la communication très limite de Palcohol ces derniers mois. Ainsi, les médias américains et les réseaux sociaux fourmillent d'exemples d'argumentaires et de slogans que la marque affichait sur son site ces derniers mois afin de vanter ses produits. Ainsi, en l'absence de bouteille clairement identifiable, il est très aisé de se rendre dans n'importe quel endroit où l'alcool est prohibé (écoles, cinémas, stades universitaires). D'où un argument affiché jusqu'à récemment sur son site qui vantait la possibilité d'emmener son «Pal» partout: «dans les cinémas, pendant les événements sportifs ou encore de le saupoudrer directement sur de la nourriture».

De l'alcool saupoudré sur la nourriture? Et même sniffé! «Sniffer du Palcohol vous rendra ivre instantanément» figurait parmi les messages affichés sur le site de Palcohol voici quelques semaines. Immédiatement suivi d'un complément affirmant que «ça n'est pas une bonne idée, [...] ça pourrait être dangereux».

 

Des arguments marketing changeants

Dès l'annonce de l'avis positif délivré par l'administration fédérale, Palcohol a radicalement modifié les messages diffusés sur son site internet, comme le souligne le Huffington Post britannique. Un changement soudain qui n'est pas passé inaperçu et que les responsables de l'entreprise ont tenté de justifier en arguant avoir voulu tester différents arguments marketing: Un message sur le site tente de désamorcer la polémique en disant que Palcohol a «fait des essais avec des messages humoristiques et provocateurs qui ne figureront pas dans la promotion définitive du produit».

De «Sniffer du Palcohol vous rendra ivre instantanément», le message est donc devenu «Nous avons vu des commentaire à propos de crétins qui voudraient le sniffer. Ne le faites pas! Ce n'est ni une façon responsable ni intelligente d'utiliser le produit».

Dans les semaines à venir, le gouvernement fédéral et les instances de tous les états devront se prononcer sur l'autorisation de commercialisation de ces «cocktails en poudre». Pas sûr que les changements brusques de marketing soient de nature à rassurer les autorités. D'ores et déjà, les conservateurs du Tea Party sont partis en croisade contre ce produit, à la manière des politiciens prohibitionnistes des années 1920.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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