Bilan

La tyrannie des petits chefs

Dans une entreprise, le climat de travail dépend pour partie du comportement des cadres intermédiaires. Des attitudes inadéquates peuvent entraîner des troubles psychosociaux chez les employés. Enquête et témoignages.
Crédits: C.J. Burton/getty images

Petits leaders, mais grands nuisibles  

Il y a le petit chef qui secoue la tête et sourit d’un air narquois à toutes les propositions de l’équipe en réunion. Et puis le cadre tyrannique qui s’est choisi une victime dont il dénigre systématiquement le travail. Ou encore le manager toxique qui surgit derrière un collaborateur et remue énergiquement sa chaise pour lui manifester son mécontentement. Endurer les vexations d’un supérieur au quotidien s’inscrit dans un phénomène plus global dont l’expansion est inquiétante.

A Epalinges, sur les hauteurs de Lausanne, le cabinet de l’Institut universitaire romand de santé au travail ne désemplit pas. Il accueille de plus en plus de personnes en situation de stress, burnout, violence, harcèlement ou mobbing en lien avec leur activité professionnelle. En 2017, le nombre de consultations a progressé de 20% par rapport à l’année précédente pour atteindre 120. «Notre carnet de rendez-vous est déjà plein pour les trois prochains mois, constate Brigitta Danuser, directrice du pôle Santé de l’institution vaudoise. La souffrance au travail est un vrai problème, relève-t-elle, mais celui-ci est sous-estimé.»

Parmi les causes des troubles psychosociaux dont sont atteints les patients des médecins, des psychologues et des médiateurs figurent les brimades de leur supérieur hiérarchique. «Subir des comportements dégradants, des injustices ou un manque de respect affecte non seulement le bien-être, mais aussi la satisfaction du travail, la collaboration et la performance. La santé peut s’en trouver altérée en très peu de temps», indique la 6e enquête européenne sur les conditions de travail (2015) dont les résultats sont publiés par le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco).

Mary Vacharidis
Mary Vakaridis

JOURNALISTE

Lui écrire

Journaliste chez Bilan et community manager pour le site bilan.ch, Mary Vakaridis vit à Zurich depuis 1997. Durant sa carrière professionnelle, elle a travaillé pour différents titres de la presse quotidienne, ainsi que pour la télévision puis la radio romandes (RTS). Diplômée de l'Université de Lausanne en Lettres, elle chérit son statut de journaliste qui lui permet de laisser libre cours à sa curiosité.

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