Bilan

La Suisse veut renforcer ses relations dans l'espace Pacifique

Le traité de libre-échange transpacifique (TPP) entre les Etats-Unis et onze autres Etats ne reste pas sans conséquence en Suisse.

Le nouvel espace économique regroupe les grandes puissances économiques que sont les Etats-Unis et le Japon, de même que l'Australie, Brunei, le Canada, le Chili, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour et le Vietnam. Ensemble, ces Etats représentent environ 40% de l'économie mondiale. La Chine, deuxième plus grande économie du monde, n'en fait pas partie.

Crédits: AFP

Le traité de libre-échange transpacifique (TPP) entre les Etats-Unis et onze autres Etats ne reste pas sans conséquence en Suisse. Dans la foulée de cet accord, la Confédération veut en effet renforcer ses relations économiques bilatérales dans l'espace pacifique.

Pour la secrétaire d'Etat à l'économie Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch, le TPP est un "projet très significatif". Il n'y a rien eu de comparable ces 20 dernières années depuis la création de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), a-t-elle dit samedi sur les ondes de la radio publique alémanique SRF.

Le nouvel espace économique regroupe les grandes puissances économiques que sont les Etats-Unis et le Japon, de même que l'Australie, Brunei, le Canada, le Chili, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour et le Vietnam. Ensemble, ces Etats représentent environ 40% de l'économie mondiale. La Chine, deuxième plus grande économie du monde, n'en fait pas partie.

La Suisse a déjà des accords de libre-échange avec six de ces douze Etats. Elle n'en a pas avec quatre d'entre eux et mène des négociations laborieuses en ce sens avec l'Inde et la Malaisie.

LE JAPON COMME CONCURRENT

Ce qui inquiète la cheffe du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) est avant tout le fait que désormais le Japon et les Etats-Unis collaboreront dans le cadre d'un accord de libre-échange. Les entreprises japonaises peuvent maintenant concurrencer les sociétés suisses aux Etats-Unis, a-t-elle expliqué. Le plus grand potentiel de discrimination se trouve dans l'industrie automobile.

Elle ne peut toutefois donner aucun chiffre, car les textes du TPP contenant les détails de l'accord doivent encore être publiés. La secrétaire d'Etat souhaite cependant négocier une possible atténuation des effets de l'accord dans le cadre du traité de libre-échange avec le Japon, car la Suisse n'a pas d'accord de libre-échange avec les Etats-Unis.

Mais d'une manière générale, "nous devons tâcher d'améliorer nos relations bilatérales avec tous les pays du continent asiatique", a poursuivi Mme Ineichen-Fleisch. Elle a cité concrètement les négociations avec l'Inde, l'Indonésie, le Vietnam et la Malaisie. Il s'agit de disposer d'un bon réseau là-bas pour empêcher les discriminations.

Il devient toutefois de plus en plus difficile de conclure des accords bilatéraux. La Suisse en a signé avec les Etats qui ont les mêmes intérêts qu'elle. Pour les négociations avec le Vietnam et la Malaisie, la secrétaire d'Etat s'est montrée optimiste après la conclusion du TPP, car la question de la propriété intellectuelle nécessite aussi une réglementation dans ce traité.

DIFFICILES NÉGOCIATIONS AVEC L'INDE

Les tractations s'avèrent plus difficiles avec l'Inde. Elles achoppent précisément sur la propriété intellectuelle et la sécurité des données. Mme Ineichen-Fleisch, qui négocie elle-même cet accord, s'est montrée samedi plus optimiste qu'elle ne l'était en début d'année, lorsqu'elle n'avait donné que de "minimes" chances d'aboutissement au dossier.

En avril 2008, Doris Leuthard, alors en déplacement en Inde en tant que ministre de l'économie, et le ministre indien du commerce et de l'industrie Kamal Nath étaient sont allés un peu vite en besogne en annonçant devant les médias que "l'accord de libre-échange entre la Suisse et l'Inde devrait être conclu dans une année".

En prévision de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis (TTIP), la Suisse devra être prête au moment de son entrée en vigueur, a encore ajouté Mme Ineichen-Fleisch. Il existe différentes possibilités de négociations, mais elles dépendent toutes du contenu et de la portée de l'accord.

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