Bilan

La Suisse veut attirer les tournages de films

Entre montagnes, lacs et villes, la Suisse regorge de sites propices aux tournages de films. Pourtant, les infrastructures manquent pour attirer les réalisateurs et mettre ainsi en valeur le pays.

Scène de Goldfinger, un film de la saga James Bond tourné partiellement dans les montagnes suisses.

Crédits: DR

Montagnes enneigées mais faciles d'accès, centres urbains où il est aisé de poser sa caméra, infrastructures hôtelières en quantité: la Suisse ne manque pas d'atouts pour attirer producteurs et réalisateurs de cinéma.



Et depuis plusieurs décennies, un grand nombre de films étrangers ont vu tout ou partie de leur intrigue réalisée sur le sol helvétique. Au firmament de cette constellation figure James Bond: plusieurs films de la saga ont choisi la Suisse comme décor.



Le Schilthorn associé à James Bond



«Les lieux de tournage originaux constituent des destinations très populaires pour les fans de cinéma. Et le Schilthorn, comme le barrage de Verzasca, ne font pas exception», confirme Daniela Bär, de Suisse Tourisme. Au sommet du Schilthorn, un merchandising autour de 007 fait les affaires de la société gestionnaire des remontées mécaniques.



Cet été, 44 ans après le tournage, une nouvelle attraction verra le jour en contrebas de la plateforme sommitale: cinéma, exposition, animations interactives,...



De l'Oberland au Tessin



«Pour développer le Schilthorn, en plus de la vue sur la trilogie Eiger-Mönch-Jungfrau, nous voulons faire revivre et développer significativement le thème James Bond. Pour le moment, le client qui vient au Schilthorn dans le but d'apprendre quelque chose à propos de James Bond, repart toujours déçu. Avec le World Bond 007, nous voulons changer cela», affirme Christoph Egger, directeur de Schilthornbahn AG.



A Verzasca, les touristes amateurs de sensations fortes peuvent désormais, comme dans cette vidéo, s'élancer dans le vide du haut du barrage comme Pierce Brosnan dans GoldenEye.





La concurrence étrangère



Pourtant, la Suisse fait désormais face à une concurrence accrue: «D'autres pays participent au financement des films quand ils sont tournés chez eux. Et pour cela, les sommes sont vite très élevées. L'économie est indissociable du cinéma. D'ailleurs, dans ce domaine-là aussi, la Suisse pâtit du franc fort», analyse Roger Neuburger, responsable de Film Location Switzerland.



Pourtant, la Suisse a d'autres atouts à faire valoir: «des horaires de travail plus flexibles que dans les pays voisins, des distances réduites, une main d'oeuvre qualifiée, des autorisations faciles à obtenir pour tourner des scènes dans des espaces publics», détaille Emmanuel Cuenod, directeur du Festival Tous Ecrans et qui a oeuvré à la promotion de Genève comme lieu de tournage.



Agences régionales



Suffisant pour attirer les blockbusters américains? Pas forcément: «Depuis un an, je travaille sur un projet de film hollywoodien sur Hannibal et sa traversée des Alpes avec des éléphants, mais le dossier n'a pas encore abouti», constate Roger Neuburger.



Faute de financements suffisants, Film Location Switzerland a été mise en sommeil récemment. Dans certaines régions et cantons, des structures locales prennent le relais. Zurich a mis sur pied une vraie cellule de promotion cinématographique. En Romandie, des agences ont aussi vu le jour, alliant cinéma et promotion touristique.



L'interface tipi'mages



Dans le Valais, le metteur en scène Denis Rabaglia a oeuvré, à la tête de Valais Films, à la mise en place d'un fonds de soutien aux tournages.



Productrice et relais privilégié des cinéastes étrangers en Suisse, Francine Lusser, de tipi'mages, jongle entre films suisses et grosses productions internationales. Pour elle, «il est essentiel de relancer Film Location Switzerland, car les tournages étrangers font vivre les productions helvétiques».



Les dépenses de Syriana



Et au-delà de l'acquisition de savoir-faire, Francine Lusser rappelle l'impact économique d'un tournage étranger: «Sur Syriana, un million de francs ont été dépensés en une semaine et 80 techniciens ont été engagés».



Malheureusement, un constat s'impose pour elle: «Avec la concurrence étrangère, les productions américaines ne viennent plus en Suisse que lorsque le scénario l'exige. Pour des décors qui peuvent être trouvés ailleurs, les équipes US évitent notre pays».



Pourtant, depuis plusieurs décennies, la Suisse a su nouer une relation particulière avec le cinéma et les tournages de films internationaux. Pour ne pas se laisser distancer par les pays voisins, les professionnels du cinéma et du tourisme attendent une réaction rapide et volontariste.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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