Bilan

La Suisse n'a pas encore surmonté la fin du taux plancher

Si la Suisse va éviter la récession cette année, elle devrait rebondir l'année prochaine et accélérer le rythme à partir de 2017, estime jeudi l'institut de recherche économique Bakbasel.

"L'évolution volatile des indicateurs conjoncturels démontre que le franc continue de peser sur les entreprises suisses", a précisé l'institut bâlois dans ses prévisions d'automne.

Crédits: Dr

Les conséquences de la fin du taux plancher ne sont pas encore entièrement digérées et le franc continue de peser sur l'économie helvétique, a estimé jeudi l'institut de recherche économique Bakbasel. Si la Suisse va éviter la récession cette année, elle devrait rebondir l'année prochaine et accélérer le rythme à partir de 2017.

"L'évolution volatile des indicateurs conjoncturels démontre que le franc continue de peser sur les entreprises suisses", a précisé l'institut bâlois dans ses prévisions d'automne. Après avoir évité la récession au premier semestre, l'économie suisse devrait afficher une stagnation en deuxième partie d'année.

Le poids du franc, qui s'est nettement apprécié après l'abandon du taux plancher face à l'euro, pourrait cependant avoir un effet retardateur sur les investissements des entreprises. Le relâchement de la monnaie suisse courant 2016 devrait ensuite soutenir la conjoncture helvétique.

Après avoir maintenu pendant plus de trois ans un taux plancher de 1,20 EUR/CHF, la Banque nationale suisse (BNS) a décidé le 15 janvier 2015 d'abandonner cette politique, ce qui avait fait bondir le franc, qui était brièvement passé sous la parité avec la monnaie unique européenne. Depuis septembre, la paire EUR/CHF s'est relâchée, le franc évoluant actuellement autour de 1,09.

Bakbasel a confirmé ses précédentes prévisions d'un produit intérieur brut (PIB) en croissance de 0,8% cette année, après 1,9% en 2014. La conjoncture helvétique devrait ensuite accélérer le rythme, avec une progression de 1,2% du PIB en 2016 et de 2,3% en 2017.

RISQUES POLITIQUES À L'HORIZON

La Suisse devrait suivre la reprise de la croissance attendue chez ses principaux partenaires économiques. Le PIB de la zone euro est ainsi anticipé en hausse de 1,6% cette année, de 1,8% en 2016 et de 1,7% en 2017. Les Etats-Unis devraient quant à eux réaliser une accélération de 2,5% en 2015 et de 2,8% les deux années suivantes.

La Chine devrait par contre, à l'instar des autres pays émergents, ralentir la cadence, avec un PIB prévu en hausse de 6,6% en 2015, puis de 5,9% en 2016 et de 5,7% en 2017.

L'économiste en chef de Bakbasel, Martin Eichler, a également abordé les enjeux politiques auxquels est confrontée l'économie suisse. Les élections fédérales du 18 octobre, qui ont vu l'UDC renforcer sa position, devraient avoir pour conséquence "une politique économique plus favorable". Mais concernant la politique étrangère, notamment les accords bilatéraux avec l'UE, "la situation est beaucoup moins claire", a-t-il nuancé.

Revenant sur l'adoption en février 2014 de l'initiative "contre l'immigration de masse", M. Eichler a rappelé les conséquences négatives de son l'application sur l'économie suisse. "L'UE reste le partenaire économique le plus important de la Suisse" et les échanges commerciaux avec l'UE représentent la plus forte contribution à la croissance suisse, a souligné l'économiste.

La position de la Suisse à Bruxelles risque de se trouver encore plus délicate, face aux problèmes migratoires auxquels est actuellement confrontée l'UE, a indiqué M. Eichler à AWP. Les risques pesant toujours sur la Grèce, le référendum sur une sortie du Royaume-Uni de l'UE et les velléités sécessionnistes de la Catalogne sont autant de dossiers brûlants pour la cohésion de l'UE qui rendent la position de Berne difficile, a-t-il ajouté.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."