Bilan

La Suisse manque de courage pour se réformer, selon un chef du SECO

Le chef de la Direction de la politique économique du SECO Eric Scheidegger regrette l'enlisement de la politique suisse depuis une vingtaine d'années.

En Suisse, il faut plus de temps qu'ailleurs pour entreprendre une véritable mutation, estime M. Scheidegger.

Crédits: Keystone

La Suisse a besoin de réformes conséquentes pour se développer économiquement, estime le chef de la Direction de la politique économique du SECO Eric Scheidegger. Le fonctionnaire regrette l'enlisement de la politique helvétique depuis une vingtaine d'années.

Après le non à l'Espace économique européen (EEE) en 1992, la Suisse est tombée dans une longue période de stagnation, couplée à un taux de chômage élevé, explique M. Scheidegger dans une interview à la NZZ am Sonntag. Dans l'urgence, de grandes réformes ont été menées: nouvelle loi sur les cartels, ouverture du marché intérieur, révision de la loi sur le chômage, privatisation partielle de Swisscom. "C'était notre dernière grande vague de réforme", dit-il.

En Suisse, il faut plus de temps qu'ailleurs pour entreprendre une véritable mutation et on y manque de courage pour mener des réformes clairvoyantes, estime M. Scheidegger, prenant pour exemple la stratégie énergétique ou la réforme de l'AVS. Celle-ci contient tellement de compromis qu'elle demandera bientôt une nouvelle réforme, selon lui.

Pour l'expert du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO), plusieurs sujets sont prioritaires comme davantage de concurrence sur le marché intérieur et une ouverture plus large de la politique agricole. Une "lente érosion" de la prospérité menace la Suisse si elle ne montre pas plus de volonté de réformes. La croissance économique, qui pourrait se situer à 2% avec des réformes, ne se situe qu'à 1,3%.

Privatisation bienvenue

Concernant la Poste et les CFF, deux entreprises en mains de l'Etat, M. Scheidegger estime que d'un point de vue strictement économique, il faudrait privilégier une privatisation, ce qui permettrait aussi d'éliminer les distorsions à la concurrence. "Il n'y a apparemment pas de majorité politique en ce sens, mais la discussion doit se poursuivre".

La Confédération examine donc "les options en vue d'une privatisation comme la première meilleure solution. Mais nous ne trouverons pas l'oeuf de Colomb dans ces entreprises publiques".

"Un redimensionnement des CFF pour en faire un simple exploitant d'infrastructure ferroviaire ne ferait aucun sens", poursuit M. Scheidegger. La question est plutôt de savoir quelle ligne une entreprise publique peut suivre sans toucher aux règles de concurrence. Comme à l'étranger, la Suisse pourrait mettre en place des directives sur la neutralité de la concurrence, selon lui.

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