Bilan

La Suisse lève également les sanctions contre l'Iran

L'économie suisse va profiter de la levée échelonnée des sanctions contre l'Iran, suite à l'entrée en vigueur samedi de l'accord sur le nucléaire.

Le volume des échanges entre l'Iran et la Suisse se montait en 2014 à 640 millions de francs. La Suisse fournit des marchandises à l'Iran pour environ 610 millions de francs, tandis qu'en sens inverse, les exportations iraniennes atteignent seulement 30 millions.

Crédits: AFP

L'économie suisse va profiter de la levée échelonnée des sanctions contre l'Iran, suite à l'entrée en vigueur samedi de l'accord sur le nucléaire. En février 2007, quand la Suisse a décidé de prendre des sanctions contre la République islamique d'Iran, beaucoup d'entreprises étaient actives sur ce marché.

De nombreuses firmes espèrent maintenant pouvoir renouer de bonnes relations, a déclaré dimanche à l'ats Ivo Zimmermann, porte-parole de l'association faîtière de l'industrie des machines Swissmem. Il y a un grand besoin de rattrapage en Iran dans le domaine des infrastructures ferroviaires et routières, relève-t-il.

Les entreprises suisses sont bien positionnées dans le secteur des machines textiles et dans les branches de l'efficacité énergétique (cleantech), pharmaceutique et de technique médicale. Le tourisme offre également des perspectives intéressantes.

Cette évolution permettra de compenser partiellement le recul que subit actuellement l'industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM), estime Ivo Zimmermann. Sur les neuf premiers mois de 2015, ses commandes ont chuté de plus de 14%.

Fort de 80 millions d'habitants au niveau d'éducation élevé, l'Iran représente un "marché intéressant", estime Erich Herzog d'economiesuisse. Le potentiel concret pour l'économie suisse est difficile à chiffrer, signale l'association faîtière des entreprises.

Pour le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO), cette levée échelonnée des sanctions "ouvre de nouvelles perspectives pour l'économie suisse. Reste à voir quelles entreprises auront envie d'entrer sur ce marché", a expliqué Antje Baertschi, porte-parole.

Le cas des banques reste complexe. Les grands établissements helvétiques actifs aux Etats-Unis ont dû se conformer aux sanctions américaines, plus drastiques que celles appliquées par la Suisse. La porte-parole du SECO ne peut donc pas dire comment et quand les grandes banques suisses pourront être à nouveau actives en Iran.

Sous embargo international, l'économie iranienne s'est développée autour d'une production intérieure et de marques locales. Les entreprises étrangères qui voudront s'y établir devront donc se frotter à la concurrence locale, précise economiesuisse. Les firmes asiatiques y sont déjà bien implantées. Les sociétés européennes et américaines devront d'abord combler des segments non couverts.

Le volume des échanges entre l'Iran et la Suisse se montait en 2014 à 640 millions de francs. La Suisse fournit des marchandises à l'Iran pour environ 610 millions de francs, tandis qu'en sens inverse, les exportations iraniennes atteignent seulement 30 millions. Malgré les sanctions, la Suisse a continué à y livrer des produits de première nécessité comme des médicaments, a expliqué Antje Baertschi.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."