Bilan

La Suisse doit encore s'armer de patience face à l'UE

Avec le vote du Brexit, il sera très difficile pour la Suisse de trouver une solution dans le dossier de la libre circulation dès cet été, comme l'espérait le Conseil fédéral.

La Suisse compte toujours un peu sur l'exemple britannique pour trouver une solution acceptable pour l'UE.

Crédits: Keystone

Le vote du Brexit n'a pas arrangé les affaires de la Suisse. Il sera très difficile de trouver une solution dans le dossier de la libre circulation dès cet été, comme l'espérait le Conseil fédéral. Mais ses négociateurs s'activent pour garder le contact avec Bruxelles.

Le négociateur en chef Jacques de Watteville était dès lundi dernier à Bruxelles pour y rencontrer ses homologues européens. Une délégation du Conseil des Etats a vu mercredi le président du Parlement européen, Martin Schulz. Des rendez-vous techniques sont agendés pendant l'été.

Pour la Suisse, le Brexit ne change pas fondamentalement l'équation, estime le secrétaire d'Etat Jacques de Watteville. "Il faut une solution, c'est dans l'intérêt des deux parties." Le message des interlocuteurs européens est de continuer les travaux prévus, pour l'instant.

Rétorsion

Mais des complications ne peuvent pas être écartées, ont averti les négociateurs suisses. Car il sera très difficile pour l'UE de faire des concessions à un Etat tiers après le Brexit. Et le temps commence à presser pour la Suisse.

Une clause de sauvegarde unilatérale sera actionnée en février 2017, sans solution négociée d'ici là. Si l'UE estime que cette clause contrevient à la libre circulation des personnes, elle a les moyens de prendre des mesures de rétorsion.

Sans aller jusqu'à dénoncer les accords bilatéraux, elle peut mettre des bâtons dans les roues suisses, par exemple en appliquant des règles plus strictes dans le domaine des droits de douane pour les Etats tiers, sans contrevenir aux règles de l'OMC. Ce serait très dommageable pour l'économie d'exportation suisse.

Deal britannique

La Suisse compte toujours un peu sur l'exemple britannique pour trouver une solution acceptable pour l'UE. Bruxelles a fait une concession pour le Royaume-Uni dans le domaine de la libre circulation. La Suisse pourrait en profiter.

L'accord trouvé entre Londres et Bruxelles en février permettait de limiter l'accès aux aides sociales des citoyens de l'UE. Pour Jacques de Watteville, "ces idées ne sont plus sur la table, mais ça ne veut pas dire qu'elles sont mortes".

Du côté de l'UE, on reconnaît la nécessité de trouver une solution, comme l'a confirmé Martin Schulz. Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker aurait dû rencontrer la semaine prochaine le président de la Confédération Johann Schneider-Ammann. L'entrevue a été reportée, l'attente se poursuit.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."