Bilan

La Suisse chute au 6e rang mondial pour la compétitivité du tourisme

En raison du franc fort notamment, la Suisse chute du 1er au 6e rang mondial pour la compétitivité du tourisme, selon le dernier rapport publié par le World Economic Forum (WEF).
  • Avec l'abandon du taux plancher, la compétitivité de la Suisse dans le tourisme a pris un coup, passant de la première place de l'indice WEF à la 6e place.

    Crédits: Image: Suisse Tourisme
  • La Suisse perd un maximum de points du fait d'une très faible compétitivité au niveau des prix, notamment due à la force du franc.

    Crédits: Image: Keystone
  • Le top 10 mondial 2015 des pays les plus compétitifs en matière de tourisme.

    Crédits: Image: WEF
  • C'est l'Espagne qui prend le relais de la Suisse à la première place du classement cette année.

    Crédits: Image: Reuters

Depuis le 15 janvier, c'est l'un des principaux secteurs dans la tourmente monétaire: le tourisme suisse craint pour sa pérennité, avec des coûts très larhement renchéris pour les clients étrangers, et en particulier ceux de la zone euro, suite à l'abandon du taux plancher par la BNS. Fin avril, réunis à Zermatt par Suisse Tourisme, les acteurs du secteur avaient encore évoqué les pistes pour faire face aux nouvelles contraintes induites par l'appréciation très forte de la devise helvétique.

Mais les professionnels tremblent: de l'hôtellerie aux activités de loisirs, des remontées mécaniques au commerce de détail, la hausse des prix pour un tiers des clients (ceux issus de la zone euro) nourrit les inquiétudes. Et ce facteur est la raison majeure de la perte de compétitivité du secteur touristique suisse face à la concurrence internationale, selon le Travel & Tourism Competitiveness Report 2015 publié cette semaine par le World Economic Forum (WEF). Alors que notre pays figurait au 1er rang mondial dans la précédente édition de l'étude en 2013, il a chuté au 6e rang cette année.

Mauvaise note suisse

Or, ce n'est pas tant la performance améliorée des concurrents qui a relégué la Suisse loin du podium, mais bien une détérioration de sa propre compétitivité. En deux ans, sa note est passée de 5,66 à 4,99, tandis que celle de l'Espagne (4e en 2013, 1ère en 2015) a elle-même diminué (de 5,38 à 5,31). De manière générale, les pays européens perdent des points, mais ceux de la zone euro amortissent le choc grâce aux effets de changes: la France passe du 7e au 2e rang (5,31 à 5,24), l'Allemagne du 2e au 3e (5,39 à 5,22) tandis que l'Italie gagne même des points (de 4,90 à 4,98) et des places (26e à 8e).

Les auteurs de l'étude saluent les très bonnes performances de la Suisse dans de nombreuses catégories, notamment des infrastructures au top niveau mondial, un climat très favorable à l'économie, des ressources humaines et un marché du travail à la première place mondiale, mais aussi des paysages et des caractéristiques géographiques extrêmement favorables. Cependant, une politique des visas restrictive et une compétitivité des prix très piètre (du fait de la force du franc notamment) plombent ces performances dans d'autres domaines.

Les dix pays les plus compétitifs pour le tourisme=

Les experts suggèrent de contrebalancer ces aspects négatifs en développant davantage l'offre de loisirs et de bien-être pour offrir un complément aux traditionnelles activités tournées vers la nature et les sports de plein-air (randonnée, escalade, alpinisme, ski, cyclisme,...).

266 millions d'emplois dans le monde

Or, les auteurs du rapport insistent sur l'aspect crucial du marché du tourisme et des voyages. En 2014, la croissance du secteur a atteint 4%, avec 266 millions d'emplois liés à travers le monde. Selon les études réalisées sur l'évolution en cours, le tourisme et les voyages devraient représenter entre 8 et 9% des emplois sur la planète à l'horizon 2022. Or, la Suisse dispose d'atouts majeurs pour séduire et attirer les voyageurs. Mais il semble indispensable de ne pas se laisser distancer par les concurrents, notamment ceux dopés par une monnaie plus faible.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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