Bilan

La Suisse a moins vendu d'armes l'an dernier

Les exportations de matériel de guerre ont porté sur 446,6 millions de francs, contre 563,5 millions en 2014.

En 2015, les principaux marchés des entreprises d'armement helvétiques ont été l'Allemagne, l'Inde, l'Indonésie, les Etats-Unis et l'Italie.

Crédits: Keystone

La Suisse a moins vendu d'armes à l'étranger l'an dernier. Les exportations de matériel de guerre ont porté sur 446,6 millions de francs, contre 563,5 millions en 2014, selon les chiffres publiés mardi par le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO).

En revanche, il y a eu davantage de demandes pour 2016, a remarqué devant les médias Simon Plüss, responsable de ce secteur au SECO. Les nouvelles autorisations présentent un volume en hausse de 201 millions, à 769 millions. Le total de ventes autorisées atteint 1,018 milliard.

En 2015, les principaux marchés des entreprises d'armement helvétiques ont été l'Allemagne (130,3 millions), l'Inde (45,5), l'Indonésie (44,2), les Etats-Unis (26,3) et l'Italie (24,4).

Les contrats les plus importants concernaient l'Allemagne (47,3 millions pour des véhicules blindés à roues), l'Inde (45,5 millions pour des appareils de conduite de tir pour systèmes de défense antiaérienne) et l'Indonésie (43,3 millions pour des systèmes de défense antiaérienne).

Les exportations vers des pays européens, premier marché de l'industrie d'armement suisse, ont toutefois reculé de 30%. Un recul qui a eu des effets en Suisse: licenciements chez Ruag et introduction du travail partiel dans d'autres entreprises. "L'industrie de l'armement ne va pas très bien actuellement", a rappelé Simon Plüss.

La question saoudienne

Pour autant, le moratoire sur l'exportation d'armes vers l'Arabie Saoudite, décidé par le SECO en mai dernier, reste d'actualité. Le Conseil fédéral devra encore se prononcer à ce sujet, a ajouté Simon Plüss, sans en dire davantage. Cette interdiction avait été décidée suite au conflit avec le Yémen.

Les exportations comptabilisées vers l'Arabie Saoudite (5,8 millions) en 2015 ont été soit réalisées avant le moratoire, soit concernent des pièces de rechange ou du matériel à usage civil. Des exportations ont également eu lieu vers le Pakistan (20,8), Oman (11), les Emirats arabes unis (8,1), la Corée du Sud (2,4), le Bahreïn (2,3), le Liban (681'000 francs), le Qatar (311'000) et Israël (108'000).

Le Conseil fédéral devrait prochainement se prononcer sur l'exportation d'armes vers le Qatar, selon la NZZ. Une vingtaine de militants du Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) ont manifesté en début d'après-midi sur la Place fédérale pour s'opposer à la vente d'armes suisses vers cet émirat et plus largement dans la "poudrière du Proche-Orient".

Autorisations pas utilisées

Le SECO a traité 2238 nouvelles demandes d'exportation l'an dernier, contre 2477 en 2014. Il a donné son aval à 2191 requêtes. Il n'en a refusé aucune, contrairement à l'année précédente. Sur le milliard de francs que représente la totalité des exportations autorisées en 2015, 249 millions proviennent d'opérations avalisées antérieurement.

Cette différence entre le volume des exportations et celui des demandes s'explique par le fait que des biens n'ont pas encore été exportés, a expliqué Simon Plüss. Il arrive aussi que l'autorisation, valable un an, ne soit pas utilisée par manque de financement, ou parce que le client annule ou reporte la commande.

Il a également rebondi sur les chiffres donnés lundi par l'institut international de Stockholm pour la recherche de la paix. Ils indiquaient que les exportations d'armes de la Suisse avaient augmenté.

"Dans leur calcul, ils prennent en compte la livraison de matériel civil, comme par exemple des avions d'entrainement Pilatus PC", a précisé Simon Plüss.

Le SECO a aussi reçu 49 demandes de préavis. Dans quinze cas concernant des pays d'Asie, d'Afrique, d'Europe de l'Est, du Moyen-Orient et des Caraïbes, il s'est prononcé contre une exportation. Le motif des refus était lié au maintien de la paix, de la sécurité internationale et de la stabilité régionale, ainsi qu'à la situation qui prévalait dans le pays de destination.

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