Bilan

La Suisse a enregistré une faible croissance économique

Au premier trimestre 2016, le produit intérieur brut (PIB) de la Suisse a progressé de seulement 0,1% comparé au trimestre précédent où il avait augmenté de 0,4%.

Comparé au 1er trimestre de l'année précédente, le PIB a accéléré de 0,7%, a précisé le Seco dans un communiqué.

Crédits: Keystone

La Suisse n'a enregistré qu'une faible croissance économique au premier trimestre 2016, ralentissant la cadence par rapport au trimestre précédent et manquant les attentes des économistes. La consommation privée et la construction ont soutenu la conjoncture helvétique. Les avis des spécialistes pour la suite de l'exercice divergent.

Entre janvier et mars, le produit intérieur brut (PIB) suisse a progressé de 0,1% comparé au trimestre précédent où il avait augmenté de 0,4%, a annoncé mercredi le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco). Comparé au 1er trimestre de l'année précédente, le PIB a accéléré de 0,7%, a précisé le Seco dans un communiqué.

La progression du PIB est ressortie en deçà des projections. Les économistes interrogés par AWP tablaient en effet sur une croissance entre +0,2% et +0,4% sur un trimestre et de +0,8% à +1,0% sur un an.

"Les dépenses de consommation des ménages privés et les investissements dans la construction et les biens d'équipement ont contribué positivement au PIB, tandis que la consommation du secteur public a livré des impulsions légèrement négatives", a précisé le Seco.

La consommation des ménages a en effet accéléré la cadence en début d'année, s'établissant à +0,7% après un anémique +0,1% au dernier trimestre 2015. Les particuliers ont plus dépensé pour la santé, le logement et l'énergie, mais ont été sur la retenue pour l'habillement et les chaussures.

Les investissements dans les biens d'équipements se sont également redressés à +2,1% pendant la période sous revue, après -1,1% fin 2015. La construction a suivi le même chemin avec +1,1% après +0,7%.

Les exportations (hors objets de valeur et commerce de transit) sont restées solides avec une hausse de 2,1%, après +3,2% au quatrième trimestre 2015, soutenues par les instruments de précision, l'horlogerie et la bijouterie. Les produits chimiques et pharmaceutiques, les métaux, machines et équipements électroniques ont également contribué à cette progression.

Les ventes à l'international de services ont aussi augmenté à 2,0%, après -2,9% au partiel précédent.

Du côté négatif de la balance, la consommation des administrations publiques a reculé de 0,8% au 1er trimestre, après une progression de 1,2% au trimestre précédent. Les importations de biens (sans objets de valeur) ont quant à elles ralenti à +0,4%, après +5,2%.

Écart entre la zone euro et la Suisse

Les analystes ont noté que l'économie suisse a moins bien performé que son voisin européen, qui a renoué avec la croissance. La zone euro a en effet enregistré au premier trimestre un PIB en hausse de 0,6% par rapport aux trois mois précédents.

"Les chiffres du Seco démontrent que l'économie helvétique a fait du surplace" au premier trimestre, ont commenté les économistes de Bakbasel, malgré des indicateurs ayant nourri l'espoir d'un démarrage de la conjoncture.

L'écart entre la Suisse et ses voisins "peut être clairement attribué au taux de change élevé", ont estimé les spécialistes de Sarasin. La croissance devrait néanmoins se renforcer sur les prochains trimestres, grâce à un retour de confiance des consommateurs, une stabilisation des perspectives d'emploi et à un relâchement sur le front des devises, ont-ils indiqué dans une note.

Les indicateurs économiques soutiennent ces espoirs. Le baromètre conjoncturel du KOF, qui permet d'anticiper l'évolution économique des prochains mois en Suisse, a ainsi poursuivi en mai sa tendance légèrement haussière observée depuis décembre 2015.

L'indice suisse des directeurs d'achats (PMI) a quant à lui poursuivi en mai sa progression amorcée en janvier, s'établissant à 55,8 points, en hausse de 1,1 point sur un mois. Le baromètre a atteint son niveau le plus élevé depuis février 2014.

IG Bank s'est déclaré "déçu mais pas surpris" par la croissance suisse en début d'année. La faible performance est due à des facteurs exceptionnels, notamment dans l'hôtellerie et le secteur financier. Ce dernier a particulièrement souffert de la volatilité des marchés.

Pour cette année, la majorité des instituts table sur une croissance entre 0,8% et 1,4%. L'économie helvétique devrait ensuite accélérer la cadence en 2017 avec un PIB attendu entre +1,1% et +2,0%.

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) fait partie des instituts optimistes pour la Suisse. Elle a relevé mercredi ses prévisions de croissance à 1,2% cette année, contre +1,1% dans ses précédentes estimations. Le PIB est attendu en hausse de 1,7% en 2017, contre +1,6% anticipé auparavant.

L'inflation, après avoir atteint -1,1% l'année dernière, devrait ainsi remonter à -0,4% en 2016 et repasser en territoire positif en 2017 à 0,2%.

L'organisation anticipe aussi une stabilisation sur le front de l'emploi, le taux de chômage étant attendu à 4,9% l'année en cours et à 4,8% pour la suivante.

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