Bilan

La Russie valide un plan anticrise pas complètement financé

Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a validé la version définitive du plan anticrise établi en réaction à l'effondrement des cours du pétrole, sans que soit réglée la question du financement.

Le Premier ministre lui-même avait reconnu le mois dernier que le gouvernement risquait de manquer d'argent pour financer les mesures nécessaires pour lutter contre la crise.

Crédits: AFP

Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev a annoncé mardi avoir validé la version définitive du plan anticrise établi en réaction à l'effondrement des cours du pétrole, sans que soit réglée la question douloureuse du financement des mesures prévues pour soutenir l'activité et réformer le pays.

Après une lourde récession en 2015 du fait de la dégringolade des cours du pétrole et des sanctions décrétées sur fond de crise ukrainienne, les perspectives se sont de nouveau assombries en début d'année.

Le gouvernement travaillait depuis plusieurs semaines à un ensemble de mesures alors que la crise plombe le niveau de vie des ménages et menace des milliers d'emplois.

"J'ai signé hier (lundi) le plan d'action économique du gouvernement pour l'année en cours, destiné à garantir la stabilité économique et sociale en 2016", a déclaré le chef du gouvernement lors d'une réunion consacrée au marché du travail.

Le document publié sur le site du gouvernement prévoit 120 mesures, divisées en deux parties: d'une part les mesures anticrise (soutien à l'industrie, à la construction, au marché du travail...) et d'autre part les réformes structurelles visant à développer les petites et moyennes entreprises et à diversifier l'économie russe actuellement très dépendante des hydrocarbures.

Mais une partie de ces mesures figurent sans source de financement, voire ne sont pas chiffrées. "Une série de mesures est formulée de manière à être financée quand des sources de revenus apparaîtront ou en fonction des résultats du premier semestre", a reconnu Dmitri Medvedev.

En février, en fonction des versions de travail du document citées dans la presse ou par des responsables, le plan avait été évalué autour de 800 milliards de roubles (environ 10 milliards d'euros).

Le Premier ministre lui-même avait reconnu le mois dernier que le gouvernement risquait de manquer d'argent pour financer les mesures nécessaires pour lutter contre une crise qui sape le niveau de vie des Russes.

Les hydrocarbures représentaient en moyenne ces dernières années la moitié des rentrées du budget fédéral et le ministère des Finances a prévenu la semaine dernière que le manque à gagner pourrait représenter 20% des dépenses prévues aux cours actuels du pétrole.

Face à cette situation, le gouvernement cherche à couper dans ses dépenses et prévoit des cessions de participations d'entreprises publiques. Le Parlement a adopté dans l'urgence une hausse des taxes sur les carburants promulguée lundi par Vladimir Poutine.

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