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La Russie prête à discuter avec l'Opep d'une baisse de production

La Russie a annoncé jeudi être prête à discuter avec l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), dont elle n'est pas membre, d'une possible baisse de production en réaction à l'effondrement des cours.

Le cartel s'est montré pour l'instant divisé et n'a pas abaissé ses quotas de production. Au contraire, la bataille engagée pour maintenir les parts de marché n'a fait qu'augmenter la chute des prix, qui ont perdu les trois quarts de leur valeur en un an et demi et sont tombés la semaine dernière à leur plus bas niveau en 12 ans.

Crédits: AFP

La Russie a annoncé jeudi être prête à discuter avec l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), dont elle n'est pas membre, d'une possible baisse de production en réaction à l'effondrement des cours.

Malgré un certain scepticisme des analystes, ce pas de Moscou, qui paye un coût très élevé à la dégringolade sur le marché pétrolier, en direction du cartel a fait sensation parmi les investisseurs. Le baril de Brent, référence européenne, a bondi au delà de 35 dollars pour la première fois depuis trois semaines.

"Actuellement, les pays de l'Opep tentent de convoquer une réunion en février avec la participation de pays membres de l'Opep et de pays non-membres", a déclaré le ministre russe de l'Energie, Alexande Novak, cité par les agences russes.

"Certains pays ont proposé une telle initiative et la question est actuellement étudiée par les différents pays. De notre côté, nous avons confirmé la possibilité de notre participation", a-t-il ajouté.

Il a précisé qu'une telle réunion pourrait donner l'occasion à "des consultations concernant la situation du marché, le bas niveau des prix et les possibilités de coordination concernant la production".

Selon le ministre, lors de précédentes rencontres, l'Arabie saoudite, chef de file de facto de l'Opep, aurait proposé une baisse de production de 5% pour chacun des pays. Interrogé sur cette question et sur son actualité lors d'une éventuelle rencontre, il a répondu: "C'est justement le sujet qui sera discuté".

Le cartel s'est montré pour l'instant divisé et n'a pas abaissé ses quotas de production. Au contraire, la bataille engagée pour maintenir les parts de marché n'a fait qu'augmenter la chute des prix, qui ont perdu les trois quarts de leur valeur en un an et demi et sont tombés la semaine dernière à leur plus bas niveau en 12 ans.

La Russie a participé à cette course, et sa production a atteint en 2015 un record pour la période post-soviétique, à 10,7 millions de barils par jour en moyenne.

Obstacles 'majeurs'

Mais la facture ne cesse de monter pour Moscou, dont la moitié des rentrées budgétaires vient du pétrole et du gaz et qui subit en plus les sanctions occidentales dues à la crise ukrainienne. Sa monnaie est tombée la semaine dernière au plus bas niveau de son histoire face au dollar et 2016 s'annonce comme une deuxième année de suite de récession et de baisse du niveau de vie des Russes.

Ces derniers jours, l'idée d'un effort de la Russie en vue de raviver le marché semble faire son chemin.

"Si les prix restent longtemps à un bas niveau, une certaine baisse (de production, ndlr) est possible: nos partenaires le savent", a déclaré le vice-Premier ministre Arkadi Dvorkovitch mardi.

Mercredi, M. Novak a réuni des responsables du secteur pétrolier et gazier pour parler, entre autres, "des projets de production" des groupes, a annoncé le ministère dans un communiqué. "Les participants de la réunion ont discuté d'une possible coordination de leurs actions avec les pays de l'Opep liée à la conjoncture défavorable concernant les prix", est-il indiqué.

Le Kremlin a cependant démenti un plan concret de baisse de production et les analystes restent très prudents concernant un accord avec l'Opep.

Les experts du cabinet Capital Economics se sont dits "sceptiques concernant un résultat tangible" vu la politique agressive menée par Ryad sur le marché pétrolier et la difficulté pour Moscou à remplir d'éventuelles promesses de baisse de production.

"La Russie est en récession et compte un grand nombre de sociétés pétrolières en concurrence qui cherchent à vendre le plus de pétrole possible à presque tout prix", ont-ils prévenu.

Les analystes de Schneider Electric ont par ailleurs mis en avant "des obstacles diplomatiques et stratégiques majeurs, (...) notamment les différences de vue entre la Russie et l'Arabie Saoudite concernant le gouvernement syrien (allié de Moscou, ndlr) et l'obstination (de l'Arabie saoudite) à défendre ses parts de marché".

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