Bilan

La reprise de la croissance mondiale n'est pas acquise

L'OCDE a pointé la faiblesse persistante des investissements de la part des entreprises, ainsi que du commerce mondial et des salaires.

L'OCDE a maintenu sans changement à 3,6% sa projection pour l'économie mondiale cette année et a légèrement relevé celle pour 2018.

Crédits: reuters

L'OCDE a prévenu mercredi que la reprise de la croissance mondiale n'était pas encore acquise, pointant la faiblesse persistante des investissements de la part des entreprises, ainsi que du commerce mondial et des salaires.

Malgré la reprise actuelle de l'économie mondiale, "nous estimons qu'une croissance forte et soutenable à moyen terme n'est pas encore acquise", a assuré la cheffe économiste de l'OCDE, Catherine Mann, lors de la présentation des prévisions actualisée présentées en juin dernier.

L'institution internationale a maintenu sans changement à 3,6% sa projection pour l'économie mondiale cette année et a légèrement relevé celle pour 2018 de 3,6 à 3,7%. "C'est plus qu'en 2016 (3,1%), mais toujours en dessous des valeurs historiques", a-t-elle noté.

"La reprise est devenue plus synchronisée dans l'ensemble des pays", a reconnu Mme Mann, en particulier en zone euro, dont elle a revu sa prévision de croissance à la hausse cette année de 0,3 point à 2,1%, ainsi que pour le Canada (+0,4 point à 3,2%) et le Japon (+0,2 point à 1,6%).

Mais cette reprise n'offre pas encore toutes les garanties: "La reprise de l'investissement des entreprises et du commerce restent plus faibles que ce qui serait nécessaire pour soutenir une croissance saine de la productivité", a souligné l'organisation.

"Il reste encore un très grand fossé entre les investissements dont on a besoin et ceux qui ont été faits (...) qui s'est creusé pendant les dix dernières années et nous ne sommes pas en train de le combler", a expliqué Mme Mann, comparant les données avec celles d'autres reprises.

Les salaires ne redémarrent pas

Le commerce mondial est "une autre préoccupation", malgré une reprise en début d'année.

Par ailleurs, "la croissance des salaires a été décevante, maintenant l'inflation à un bas niveau", a regretté l'OCDE qui a saisi l'occasion pour appeler les pays émergents à mener "des réformes en profondeur" pour obtenir une croissance forte à l'avenir.

Selon la cheffe économiste, "il y a eu une augmentation de l'emploi" qui s'est surtout traduite au sein des pays de l'OCDE par une augmentation de l'emploi féminin "alors que celui des hommes n'a même pas encore atteint celui de 2008" avant la crise.

A ses yeux, la reprise de l'emploi féminin est certes "une bonne chose", mais comme les femmes "sont moins bien payées que les hommes, cela expliquerait que les salaires n'aient pas augmenté".

Pour confirmer la reprise, l'institution a recommandé aux Etats disposant de marges de manoeuvre budgétaires d'augmenter les investissements publics, mais aussi aux banques centrales de maintenir "une politique monétaire accommodante", tout en surveillant d'un oeil "la stabilité financière".

Ces recommandations tombent alors que deux des principales banques centrales au monde, la Fed américaine, et la BCE européenne, sont en train de s'orienter peu à peu vers un resserrement monétaire après des années de politique monétaire non conventionnelle.

Dans le détail, l'OCDE a maintenu sans changement sa prévision de croissance pour les Etats-Unis à 2,1% cette année et 2,4% l'année prochaine. En zone euro, l'Allemagne devrait dépasser la barre des 2% pour se situer à 2,2% cette année et 2,1% en 2018.

Pour la France, elle s'attend à une croissance à 1,7% cette année et 1,6% l'an prochain, alors que l'Italie devrait atteindre 1,4% en 2017 et 1,2% en 2018.

Pour le Royaume-Uni, la croissance a "continué de ralentir" et devrait se situer à 1,6% cette année et à peine 1% en 2018, a estimé l'OCDE, confirmant ses prévisions publiées en juin.

Du côte des émergents, l'institution a revu à la hausse ses prévisions pour la Chine, qui devrait atteindre 6,8% cette année (+0,2 point par rapport à juin) et ralentir légèrement en 2018 à 6,6% (+0,2 point).

Le Brésil reste pratiquement inchangé à 0,6% cette année (-0,1 point) et à 1,6% l'an prochain (sans changement).

L'OCDE a toutefois abaissé de 0,6 point à 6,7% sa prévision pour l'Inde cette année et de 0,5 point à 7,2% en 2018, "en raison notamment des effets transitoires de la démonétisation".

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