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La récession plus douloureuse que prévu pour les voisins de la Russie

De l'Asie centrale au Bélarus en passant par le Caucase, la plupart des pays de l'ex-URSS ont vu leur monnaie se déprécier sous la pression du rouble.

La profonde récession qui touche l'économie russe a des répercussions négatives plus importantes sur les pays voisins. 

Crédits: AFP

La crise économique qui frappe la Russie à cause des sanctions occidentales et de la chute des cours du pétrole affecte plus violemment que prévu ses voisins et devrait se prolonger en 2016, a estimé jeudi la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd).

"La profonde récession qui touche l'économie russe a des répercussions négatives plus importantes que prévu sur les pays avec qui elle entretient des liens économiques étroits", constate l'institution dans ses nouvelles prévisions économiques publiées à l'occasion de sa réunion annuelle organisée à Tbilissi.

Bien plus pessimiste que les autorités russes, la Berd table sur une chute de 4,5% du produit intérieur brut de la Russie cette année et de 1,8% l'an prochain, soulignant que la crise monétaire de la fin 2014 (chute du rouble et envolée de l'inflation) plombe désormais le pouvoir d'achat et la consommation.

De l'Asie centrale au Bélarus en passant par le Caucase, la plupart des pays de l'ex-URSS ont vu leur monnaie se déprécier sous la pression du rouble.

Pour presque tous les pays de la région, la Berd, fondée en 1991 pour favoriser la transition du bloc soviétique vers l'économie de marché, a assombri ses prévisions d'évolution du PIB. Elle table désormais sur de sérieux coups de freins malgré les besoins de modernisation, comme en Géorgie (+2,3%), en Azerbaïdjan (+1,5%) ou au Kazakhstan (+1,5%), voire sur des récessions pour le Bélarus (-2,5%), l'Arménie (-1,5%) ou la Moldavie (-2%).

La Géorgie, hôte de la réunion de la Berd, et la Moldavie sont affectées alors même que ces pays ont signé des accords de libre-échange avec l'Union européenne.

"Les transferts de fonds des émigrés vers leurs pays d'origine, qui continuent de baisser à un rythme alarmant, représentent l'effet le plus tangible de la récession russe" pour les pays voisins, explique la Berd.

Elle s'inquiète également du "considérable défi économique et social" que représente "le retour de dizaines de milliers d'émigrés au Tadjikistan, en Ouzbékistan, et d'un nombre important au Kirghizstan". "Cela peut devenir un problème urgent dans une région géopolitiquement sensible", prévient la Berd.

La Berd table par ailleurs sur une aggravation de la crise en Ukraine, exsangue après un an de guerre, avec une chute de 7,5% du PIB cette année après -6,8% l'an dernier. Elle espère un retour à la croissance l'an prochain avec +3% à condition que le plan de sauvetage financier occidental, actuellement objet de difficiles négociations avec les créanciers privés de Kiev, "reste sur les rails".

Pour la Russie, son pronostic est bien loin de celui du gouvernement russe qui espère que le rebond récent du rouble permettra de limiter la casse avec une contraction limitée à 2,8% et que la croissance reviendra l'an prochain.

Si la Berd reconnaît que les pressions sur le rouble et les tensions liées à l'Ukraine se sont apaisées, elle juge "difficile d'entrevoir un rebond si le découplage actuel de l'économie russe du reste du monde ne s'inverse pas et sans réformes structurelles majeures".

La banque basée à Londres a elle-même gelé ses nouveaux programmes d'investissement en Russie dans le cadre des sanctions européennes la visant pour son rôle dans la crise en Ukraine.

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