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La quatrième révolution industrielle menace le secteur tertiaire, selon Klaus Schwab

A quelques jours du 46e Forum économique mondial de Davos, son fondateur Klaus Schwab signale les menaces de la "quatrième révolution industrielle".

La Suisse, 20e puissance économique dans le monde, demeure quant à elle très innovante et compétitive. Mais il existe un risque du confort, souligne Klaus Schwab. "Ne plus se faire de souci est dangereux. Le monde change tellement vite que plus personne n'a de situation garantie".

Crédits: AP

A quelques jours du 46e Forum économique mondial (WEF) de Davos, son fondateur signale les menaces de la "quatrième révolution industrielle". Selon Klaus Schwab, le secteur tertiaire verra beaucoup d'emplois administratifs détruits.

La nouvelle révolution industrielle va transformer en profondeur le marché du travail, assure le président du WEF dans l'édition de samedi et dimanche du Temps. "Digitalisation, impression 3D, Big Data, drones, etc. Tout cela va bouleverser notre société dans ses fondements", souligne-t-il.

Certes, tout le travail ne va pas disparaître. Mais certains emplois, notamment dans le domaine de l'intermédiation, paraissent condamnés, aux yeux du professeur. Il prédit de fortes pertes dans les secteurs administratif et bancaire et dans l'administration en général.

"Tous ces travaux intellectuels mais répétitifs peuvent être remplacés par la robotisation des processus de travail", explique l'ingénieur et économiste. Comme pour les précédentes révolutions industrielles, une grande partie des emplois détruits seront remplacés par de nouveaux.

Réparateurs de robots, expéditeur de drones, difficile d'imaginer les fonctions de demain. Klaus Schwab prévoit quant à lui une concentration de la main-d'oeuvre dans les domaines de la santé, de l'éducation et du social, soutenue par le vieillissement de la population et l'augmentation des cas sociaux, tels que les réfugiés.

La culture aussi en sortira gagnante. "Le nouveau paradigme verra augmenter la capacité d'innovation, de création de valeur et cela ne va pas se concentrer seulement sur le plan technologique", estime l'auteur de "La quatrième révolution industrielle", thème de la prochaine rencontre de Davos.

Cette transformation mettra aussi en question la notion d'Etat, car elle exige une étroite collaboration entre celui-ci, qui fixe les règles, et l'industrie, moteur du progrès. Mais la capacité de l'Etat à créer les règlements se voit aujourd'hui dépassée par le progrès, estime M. Schwab.

Se faire du souci

A plus court terme, le fondateur du WEF adhère aux prévisions de croissance modeste de l'économie mondiale en 2016, estimée autour de 3%. Il ne croit pas en revanche à un déclin de la Chine, malgré le ralentissement de sa croissance.

La Suisse, 20e puissance économique dans le monde, demeure quant à elle très innovante et compétitive. Mais il existe un risque du confort, souligne-t-il. "Ne plus se faire de souci est dangereux. Le monde change tellement vite que plus personne n'a de situation garantie".

Pour les banques notamment, l'impact de la révolution qui pointe sera de l'ampleur de ce que les médias ont connu avec la numérisation. "Dans 10 ans, votre conseiller financier sera probablement un robot équipé d'une intelligence artificielle pour prendre les meilleures décisions", imagine Klaus Schwab.

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