Bilan

La pollution au mercure en Valais est sans influence sur la santé

Une étude de l'Université de Zurich sur la contamination des sols par du mercure n'a pas pu mettre en évidence un quelconque risque sanitaire.

La pollution trouve son origine dans une accumulation de mercure sur le site de l'usine Lonza et dans les sédiments d'un canal d'évacuation du site, entre 1930 et le milieu des années 1970.

Crédits: Keystone

La contamination des sols par du mercure dans la région de Viège (VS) n'a pas mis en danger la santé des personnes. L'étude sanitaire menée par l'Université de Zurich n'a pas pu mettre en évidence un quelconque risque sanitaire.

Les analyses d'urine et de cheveux n'ont pas montré de différence en comparaison avec d'autres groupes de populations en Europe et aux Etats-Unis. Globalement, les taux de mercure mesurés chez les habitants de Viège et de Turtig (VS) sont inférieurs au seuil considéré comme pouvant porter atteinte à la santé, a expliqué lundi à Viège Holger Dressel, un des auteurs de l'étude.

L'étude a porté sur les enfants et les femmes en âge de procréer, davantage susceptibles d'être concernés par les effets du mercure. Les chercheurs du département de médecine du travail et environnementale de l'université ont ausculté 171 mères et enfants de la région contaminée. Le taux de participation de 47% est suffisant pour effectuer des comparaisons et tirer des conclusions, a estimé M. Dressel.

La difficulté a été de trouver des études similaires menées ailleurs. Il n'en existe pas en Suisse. Les chercheurs ont trouvé des résultats d'analyses effectuées en Amérique du Nord et dans d'autres pays européens.

Sans lien avec le sol

Aucune corrélation n'a pu être établie entre le taux de contamination du sol et la concentration de mercure dans les urines et les cheveux des individus. Mais le mercure ne pénètre pas aussi facilement du sol dans le corps, a précisé M. Dressel.

Des études ont déjà été menées sur la présence de mercure dans les légumes, les céréales, l'eau, la viande ou le lait. Toutes ont été négatives. Il n'y a pas de mercure dans l'eau potable. Quant aux autres denrées, les concentrations sont inférieures aux valeurs limites de l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires.

Seuls les poissons du canal d'évacuation utilisé à l'époque pour éliminer le mercure présentent des taux de mercure supérieurs aux limites autorisées. Mais la pêche y est interdite depuis 2000.

L'étude montre aussi que les plus fortes concentrations de mercure se retrouvent chez les personnes qui consomment beaucoup de poisson de mer et qui ont des amalgames dentaires. La fumée et l'âge sont d'autres facteurs qui influencent la concentration de mercure.

Sur les 171 personnes auscultées, 64 étaient des mères de 25 à 55 ans et 107 des enfants de 3 à 12 ans, les deux populations potentiellement les plus sensibles au mercure. Parmi les mères, un cinquième sont des fumeuses, et la moitié ont des amalgames dentaires. Aucun enfant ne présente d'amalgame.

En moyenne, les mères mangent du poisson de mer une fois par semaine, les enfants une fois toutes les deux semaines. Plus de la moitié des mères et un peu moins de la moitié des enfants mangent des légumes de jardins de la région contaminée. Ils y habitent en moyenne depuis 6 ans pour les mères et quatre ans pour les enfants.

Pollution ancienne

L'étude présentée lundi n'a pas d'influence sur l'interdiction, édictée en 2014, de planter des fruits et légumes sur les parcelles les plus contaminées ou de les utiliser comme places de jeu. L'interdiction est liée au taux de mercure dans le sol et cette contamination est toujours existante.

Le groupement d'intérêt mercure, qui réunit des habitants de parcelles polluées, estime que les parcelles faiblement contaminées ne représentent aucun danger pour l'homme. Il demande qu'elles soient retirées du cadastre des parcelles polluées.

La pollution trouve son origine dans une accumulation de mercure sur le site de l'usine Lonza et dans les sédiments d'un canal d'évacuation du site, entre 1930 et le milieu des années 1970. Le sol et le sous-sol de nombreuses parcelles d'habitations de Viège et de Turtig ont été contaminés. Les premiers signes de présence du métal ont été constatés dès 2010 lors des travaux préparatoires du chantier de l'autoroute.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."