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La peur du Grexit ressurgira sans réformes crédibles

Un haut responsable du FMI affirme que les craintes du "Grexit" ressurgiront si les autorités d'Athènes ne présentent pas un plan de réformes "crédible".

La Grèce "considère que M. Thomsen s'adresse aux autres institutions créancières du pays, qui expriment déjà leur opposition" à ses thèses, "et elle poursuit à la lettre la mise en oeuvre de ce qui a été convenu" avec ces dernières, poursuit le communiqué.

Crédits: AFP

Les craintes d'une sortie de la Grèce de la zone euro, le "Grexit", ressurgiront si les autorités d'Athènes ne présentent pas un plan de réformes "crédible" notamment en ce qui concerne les retraites, a affirmé un haut responsable du FMI jeudi, s'attirant une fin de non-recevoir d'Athènes.

"Nous attendons encore de voir un plan crédible qui permettrait à la Grèce d'atteindre ses objectifs très ambitieux d'excédent budgétaire primaire (hors charges de la dette, NDLR)", a déclaré Poul Thomsen, chef du département Europe du Fonds.

"Un plan qui serait bâti sur des hypothèses trop optimistes fera très vite ressurgir une nouvelle fois des craintes d'un Grexit et obscurcir le climat des affaires", a-t-il ajouté dans un blog publié par le FMI.

Le gouvernement grec a rejeté cet appel dans un communiqué, estimant que "sur le fond, M. Thomsen demande l'application d'un programme radicalement différent de celui convenu" entre Athènes et la zone euro après leur accord pour maintenir la Grèce dans l'euro et sous perfusion financière.

La Grèce "considère que M. Thomsen s'adresse aux autres institutions créancières du pays, qui expriment déjà leur opposition" à ses thèses, "et elle poursuit à la lettre la mise en oeuvre de ce qui a été convenu" avec ces dernières, poursuit le communiqué.

"La Grèce doit toujours adopter un ensemble très significatif de mesures" pour atteindre les objectifs budgétaires a pour sa part commenté à Bruxelles la porte-parole de la Commission européenne. "Mais les institutions européennes considèrent que l'ampleur des mesures requises est dans la ligne de ce qui a été convenu" en août entre Athènes et ses bailleurs de fonds européens, a-t-elle ajouté.

Le gouvernement grec de gauche s'était résigné en janvier, sous pression notamment de Berlin, à accepter la participation du FMI au plan de sauvetage financier, un mois après que le Premier ministre, Alexis Tsipras, l'eut jugée "non nécessaire".

Athènes s'est à plusieurs reprises ces dernières années affirmé victime de dissensions entre le FMI et l'UE obérant ses efforts de redressement.

Au cours du premier semestre 2015, les craintes d'une sortie de la Grèce de la zone euro avaient culminé quand le pays s'était trouvé à court de liquidités et avait dû faire défaut sur sa dette au FMI.

Depuis, les Européens ont accordé au pays un nouveau plan d'aide massif -auquel le FMI ne s'est pour l'heure pas associé- en échange de mesures d'économie et notamment d'une réforme des retraites. Le gouvernement grec tente d'en finaliser les modalités avec les créanciers, sous pression d'un accès de fronde sociale contre le projet.

"Le FMI ne veut pas que la Grèce impose des ajustements budgétaires draconiens dans une économie déjà gravement déprimée", a assuré M. Thomsen, ajoutant toutefois qu'une réforme du système de retraites était inévitable pour que la dette du pays soit "viable".

Le dirigeant a toutefois de nouveau assuré que cette réforme devait obligatoirement s'accompagner d'un allègement de dette qui devra être consenti par les Européens.

"Il ne fait aucun doute que la Grèce et les Européens seront confrontés à des décisions difficiles dans les mois qui viennent pour que ce programme d'aide soit viable", a-t-il développé.

Le FMI a maintes fois répété qu'il ne s'associerait au plan d'aide grec, le troisième depuis 2010, qu'à la condition qu'à Athènes présente des réformes crédibles et que les Européens allègent la dette du pays.

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