Bilan

La numérisation boostera le commerce mondial

Les technologies numériques stimuleront les échanges, bouleverseront les chaînes de valeur et diminueront les coûts du commerce. Qui en profitera?

La révolution technologique commence à bouleverser la branche de l'industrie des machines.

Crédits: AFP

«De l'invention de la roue à l'avènement de la conteneurisation, en passant par les chemins de fer, la technologie a façonné notre façon de commercer», a affirmé Roberto Azevêdo, directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), lors de la présentation de son dernier rapport annuel dont le contenu tente de dessiner les nouveaux contours des échanges. Aujourd’hui, il en va de même avec les retombées de la numérisation qui commence à remodeler le fonctionnement de l’économie.

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La 4ème révolution industrielle est susceptible de stimuler les échanges et d’en réduire les coûts. Selon les estimations, elle permettra au commerce mondial de croître de deux points de pourcentage supplémentaires par an entre 2016 et 2030 et à la part des services de grimper de 21% à 25% pendant la même période. S’ils parviennent à suivre le rythme du développement technologique, les micro entreprises, les pme et les acteurs des pays en développement seront les principaux bénéficiaires de la numérisation de l’économie.

Intelligence artificielle, robotique et blockchain

«Les technologies numériques peuvent permettre de réaliser des économies, notamment grâce à une meilleure planification des itinéraires, à une conduite autonome et à des inventaires intelligents rendus possibles par l'intelligence artificielle et la robotique», indiquent les auteurs de l’étude.

Les solutions apportées par la blockchain réduiront le temps consacré à la conformité douanière et à la logistique. Elles profiteront aux micro entreprises et aux pme en les aidant à établir des relations de confiance avec des partenaires dans le monde entier.

L’Internet des objets, la mise en réseau et les capacités de traitement contribueront à améliorer l’efficacité opérationnelle dans la fabrication et la maintenance des machines et des produits. 

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L'impression 3D diminuera le besoin d'externalisation de l'assemblage et le nombre d'étapes de production liées aux chaînes de valeur mondiales. Selon Roberto Azevêdo, elle peut «démocratiser la fabrication en donnant à chacun la capacité de produire des biens. Cela réduira certainement les barrières à l'entrée pour les petites entreprises et les entrepreneurs.»

Dans les services, la robotique télécommandée conduira à l’émergence de nouvelles offres, par exemple la téléchirurgie. Dans ce secteur, la blockchain apportera de profonds changements dans la finance, le transport, la logistique et la distribution. «De cette façon, elle pourrait être au secteur des services ce que les robots sont à la fabrication», observent les auteurs de l’étude.

Approfondir la coopération internationale

Ces derniers estiment que les nouvelles technologies modifieront la nature des échanges: «L’intelligence artificielle, l'impression 3D et la robotique avancée pourraient réduire le rôle de la main-d'œuvre en tant que source d'avantage comparatif, tandis que des facteurs tels que la qualité de l'infrastructure numérique et la taille du marché ainsi que les déterminants institutionnels et réglementaires des avantages comparatifs, notamment la protection de la propriété intellectuelle, pourraient devenir plus pertinents.»

Le rapport estime aussi que les nouvelles technologies nécessitent un approfondissement de la coopération internationale dans plusieurs domaines: cadre réglementaire, concurrence, propriété intellectuelle, soutien aux PME et micro entreprises, promotion de l’inclusion numérique, cybersécurité, protection de la vie privée, etc.

L’arrivée des nouvelles technologies dans les échanges soulèvent néanmoins de nombreuses questions. Par exemple, «les changements entraîneront-ils une expansion des chaînes de valeur mondiales et un transfert accru des activités de production vers les pays en développement? Ou bien verrons-nous l'effet inverse à mesure qu'il devient plus efficace de regrouper les activités de production dans ce que l'on appelle des «usines intelligentes»?, se demandent les auteurs de l’étude.

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Jean Philippe Buchs
Jean-Philippe Buchs

JOURNALISTE À BILAN

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Journaliste à Bilan depuis 2005.
Auparavant: L'Hebdo (2000-2004), La Liberté (1990-1999).
Distinctions: Prix Jean Dumur 1998, Prix BZ du journalisme local

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