Bilan

La normalisation des relations Suisse-Iran est en cours

La levée des sanctions contre l'Iran par la Suisse a été annoncée le 17 janvier dernier. Il est encore trop tôt pour en mesurer les conséquences.

Il est encore trop tôt pour en mesurer les conséquences, mais différents acteurs économiques s'accordent à parler de normalisation des relations entre les deux pays.

Crédits: Keystone

La levée des sanctions contre l'Iran par la Suisse a été annoncée le 17 janvier dernier. Il est encore trop tôt pour en mesurer les conséquences, mais différents acteurs économiques s'accordent à parler de normalisation des relations entre les deux pays.

De retour d'Iran, le conseiller national et entrepreneur Claude Beglé jubile: "Nous avons conclu un accord beaucoup plus vite que prévu, le marché est en train de s'ouvrir, il y a une volonté d'aller de l'avant". "Les gens du régime sont droits, et l'Iran est fier d'avoir un bon taux de fiabilité", ajoute-t-il confiant, interrogé par l'ats.

Evoquant les prochaines législatives, il relativise toutefois: "Tout peut être bouleversé, c'est à celui qui va le plus vite". M. Beglé souligne que le président iranien Rohani a justement été choisi pour sa rapidité et son ouverture.

Revenant aux sanctions récemment levées, ce spécialiste en télécommunications explique que l'Iran, du jour au lendemain "axe du mal", avait été vexé, blessé dans son amour-propre.

Après avoir subi pendant des années les conséquences des sanctions imposées par les Etats-Unis et l'Europe, l'Iran - pays de 80 millions d'habitants où les besoins en infrastructures, constructions, transports et composants high-tech pour l'industrie notamment sont énormes - semble donc prêt à accueillir des mandats. Et les entrepreneurs suisses montrent un grand intérêt.

"L'Iran pourra exporter son pétrole, et il sera à nouveau possible d'y livrer des équipements pour l'industrie pétrochimique, des véhicules, des avions et des pièces de rechange", dit Sylvain Jaccard, directeur de Switzerland Global Enterprise (S-GE) pour la Suisse romande.

Découvrir le monde

Selon Pia Stebler, directrice de la Chambre de commerce et d'industrie Suisse-Iran, le tourisme suisse pourrait également profiter de la réouverture du marché iranien: "Après avoir été isolés, et leurs fonds gelés, les Iraniens pourraient bien avoir envie de découvrir le monde".

Cependant, même si les signaux tournent au vert, une certaine retenue est observée: "Allemands, Italiens et Français sont plus agressifs, et nous sommes plus prudents", selon Giovanni Gaggini, avocat d'affaires et membre de la Chambre de commerce et d'industrie Suisse-Iran.

Comme le rappelle M. Jaccard, quelques interdictions et restrictions, ainsi que des opérations soumises à autorisation et obligation d'annoncer demeurent, frappant le commerce de biens et de services ainsi que les transactions financières. Et les autres sanctions pourront être automatiquement rétablies en cas de violation de l'accord nucléaire par l'Iran.

"Il faudra par ailleurs encore attendre quelques mois jusqu'à ce que le système des règlements internationaux fonctionne à nouveau normalement", ajoute-t-il.

Du coup, "les banques suisses sont encore sur la réserve", confirme Mme Stebler. Une tendance également soulignée par M. Gaggini, qui observe que les banques, encore sceptiques, attendant de voir "ce qui va se passer avec les Etats-Unis".

A ce propos, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a, début février, demandé aux Etats-Unis de s'engager à ne pas pénaliser les banques européennes qui effectueraient des opérations légales avec les Etats-Unis.

Processus renforcé

Ancien cadre de l'entreprise Militzer&Münch, compagnie internationale spécialisée dans les transports vers l'Iran, Heiser Engelbert confirme lui aussi que les banques sont encore hésitantes, alors que "l'Iran essaie de foncer". Il entrevoit cependant la normalisation, "même si on n'arrivera pas aux volumes d'avant la révolution".

Confiante également, Mme Stebler pense que la croissance économique va durablement influencer le processus de réforme en Iran. Pour cette solidification des relations économiques, elle compte par ailleurs sur la visite officielle, prévue du 26 au 28 février prochains, du président de la Confédération, Johann Schneider-Ammann.

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