Bilan

La montre connectée n'a pas la cote auprès des jeunes suisses

"Il faudra une réponse nationale face à un problème structurel pour l'horlogerie suisse, comme dans les années 70", estime Xavier Comtesse, fondateur du laboratoire WatchThinking.

En terme de régions, les Romands sont davantage attachés à leur montre classique. Les Alémaniques "sont plus modernes", estime M. Comtesse.

Crédits: Keystone

La montre connectée ne cartonne pas pour le moment chez les jeunes de 16 à 25 ans en Suisse. Mais l'industrie va devoir la prendre en compte et certains appellent même le Conseil fédéral à financer un programme national pour une smartwatch entièrement suisse.

Plus de 60% des jeunes utilisent souvent des montres classiques, souligne un sondage dévoilé mardi à Genève pour les 15 ans de la rencontre de l'environnement professionnel horlogerie-joaillerie (EPHJ), l'environnement professionnel micro-technologies (EPMT) et des technologies médicales (SMT). La montre connectée et le bracelet connecté ne sont évoqués que par 9% des personnes interrogées.

Toutefois, le téléphone portable comme montre est cité dans plus de 95% des cas et l'horloge dans plus de 70%. La montre connectée n'attire que 20% des jeunes et seuls 10% déclarent probable qu'ils en obtiennent une dans les deux prochaines années. Ils sont 22% à plus long terme.

A valeur égale, plus de trois quarts des jeunes Suisses choisiraient une montre classique. Parmi ceux qui sont intéressés par une smartwatch, un tiers mentionne la connexion avec un smartphone ou d'autres appareils.

Montre suisse privilégiée

"Nous avons besoin d'une smartwatch suisse", estime le fondateur du laboratoire d'idées WatchThinking, Xavier Comtesse. Au total, 70% des personnes interrogées affirment qu'elles préféreraient une montre connectée suisse que d'un autre pays.

Tag Heuer a sorti une montre connectée dont toutes les pièces se sont vendues en une semaine, mais la technologie n'est pas suisse. D'autres marques sont actives.

Mais M. Comtesse affirme qu'il faudra une réponse nationale face à un problème structurel pour l'horlogerie suisse, comme dans les années 70. Il propose l'établissement d'une branche spécifique du Centre suisse d'électronique et de microtechnique (CSEM) sur la montre connectée. Une institution qui est plutôt approchée par des entreprises étrangères sur cette question.

M. Comtesse demande un financement public d'au moins 40 millions de francs par an sur dix ans. Président de la Fédération de l'industrie horlogère suisse (FH), Jean-Daniel Pasche est moins pessimiste, même s'il serait ravi que le CSEM obtienne davantage de fonds.

Selon lui, "les marques doivent se positionner". Il plaide pour laisser la diversité des acteurs de l'industrie faire preuve d'innovation pour une montre connectée suisse.

En terme de régions, les Romands sont davantage attachés à leur montre classique. Les Alémaniques "sont plus modernes", estime M. Comtesse. D'autres, comme M. Pasche, voient davantage une dimension culturelle liée à la présence des cantons horlogers en Suisse romande.

Parmi les autres enseignements, 70% portent au moins occasionnellement une montre. Les Romands plus régulièrement que les Alémaniques. Et les jeunes Suisses possèdent en moyenne 2,5 cadrans. Ces montres valent en moyenne plus de 740 francs, mais ce chiffre est impacté par ceux qui en possèdent à plusieurs dizaines de milliers de francs. Au total, 58% sont inférieures à 500 francs et 6% supérieures à 1000 francs.

Dans l'absolu, 45% investiraient au maximum de 200 à 500 francs pour une montre. Et 35% estiment probable une telle dépense dans les deux prochaines années.

Swatch ciblée

Swatch devance Rolex parmi les marques les plus connues, les plus utilisées et les plus appréciées. La couleur et la silhouette d'une montre sont les plus importantes, pour 70% des jeunes. Moins d'un tiers s'intéresse aux nouveautés horlogères.

Les montres n'arrivent également qu'au quatrième rang des valeurs suisses auxquelles les jeunes sont les plus attachés. Au total, plus d'un quart des jeunes se disent intéressés par le domaine de l'horlogerie et des micro-technologies.

Le sondage a été réalisé du 1er au 9 février dernier par l'institut MIS Trend auprès d'un peu plus d'un millier de jeunes de 16 à 25 ans. Parmi eux figurent plus de 470 Romands et 549 Alémaniques. La marge d'erreur est de 3,1%.

Le salon EPHJ-EPMT-SMT rassemble jusqu'à vendredi plus de 880 exposants en provenance de 13 pays. Il constitue la plus grande réunion professionnelle en Suisse par le nombre d'entreprises présentes, notamment sur les technologies médicales. Plus de 280 de celles qui se sont déplacées sont actives dans ce domaine.

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info

Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."