Bilan

La moitié des cantons présentent des budgets déficitaires

En Suisse romande, Fribourg, Valais et Vaud affichent des budgets 2017 excédentaires, contrairement à Genève, Neuchâtel et le Jura.

A Genève, le projet de budget prévoit un excédent de dépenses de 77 millions de francs.

Crédits: Keystone

Les perspectives financières des cantons sont mitigées: sur les 22 budgets publiés jusqu'à présent, la moitié sont dans le rouge. En Suisse romande, Fribourg, Valais et Vaud affichent des budgets 2017 excédentaires, contrairement à Genève, Neuchâtel et le Jura.

Le canton de Vaud attend des chiffres noirs pour un onzième exercice consécutif, mais avec seulement 84'500 francs d'excédent. L'équilibre est de plus en plus fragile, note le responsable vaudois des finances Pascal Broulis, évoquant des "tendances moroses".

Côté revenus, l'impôt sur les personnes physiques stagne, celui sur la fortune augmente de 2,5% tandis que l'impôt sur le bénéfice ne bouge pas. L'imposition du capital progresse de 16,9% (à 90 millions) mais cette hausse déplaît à M. Broulis car elle est due selon lui à des entreprises qui font du déficit. De plus, le capital, c'est la possibilité d'investir.

Excédents pour Fribourg et le Valais

Fribourg prévoit aussi un excédent en 2017. Le canton table pour la deuxième fois de suite sur un demi-million de francs de bénéfice. La fin de certaines économies - relatives au personnel notamment - a contribué à l'augmentation des charges, mais les revenus ont progressé dans la même proportion, avec entre autres des recettes fiscales plus importantes.

Le canton du Valais enregistre pour sa part un excédent de revenus de 200'000 francs, ceci malgré un niveau d'investissement record, à hauteur de 609 millions. Dans les investissements propres, la priorité pour 2017 va aux routes cantonales.

Genève se serre la ceinture

A Genève, le projet de budget prévoit un excédent de dépenses de 77 millions de francs. Dans la perspective des discussions autour de la 3e réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), le gouvernement veut éviter de revivre le scénario de l'an dernier, lorsque le parlement avait refusé de voter le budget proposé.

L'administration a dû se serrer la ceinture en prévision de la RIE III, qui devrait s'appliquer dès 2019. Au total, 358 millions d'économies récurrentes auront été réalisées depuis 2015.

La perte annuelle nette de revenus fiscaux est estimée à 440 millions sur cinq ans, calculée sur la base d'un taux d'imposition unique sur le bénéfice des entreprises de 13,49%. D'une importance cruciale pour Genève, la RIE III concerne des dizaines de milliers d'emplois.

Déficits pour Neuchâtel et le Jura

Dans le canton de Neuchâtel, un déficit de 68,9 millions de francs est prévu. Ces difficultés financières s'expliquent par une forte baisse des recettes. Les caisses cantonales devront se passer de 40 millions de francs au titre de la péréquation financière (RPT), alors que les impôts des personnes morales reculeront de 35 millions. Le canton propose un plan d'assainissement de 100 millions sur trois ans.

Le canton du Jura s'attend à un trou de 5,5 millions de francs. Il anticipe un recul de 3,4 millions des impôts des personnes morales. Les effets de la RIE III, pas encore connus, seront intégrés ultérieurement aux prévisions 2017-2021. L'Etat envisage des déficits annuels de l'ordre de 3,3 à 5,7 millions de francs.

Si des cantons ont anticipé, comme celui de Vaud, la plupart ne le font pas, a commenté Charles Juillard, président de la Conférence des directeurs cantonaux des finances (CDF), interrogé par l'ats. Il n'est pas exclu que certains cantons soient touchés en 2018.

Dans le climat économique actuel, les prévisions budgétaires sont difficiles, abonde Peter Mischler, secrétaire suppléant de la CDF. Elles sont influencées par le contexte d'insécurité lié au franc fort, par exemple, ou aux conséquences de décisions démocratiques comme celle du 9 février.

Début 2015, la décision de la Banque nationale suisse d'abandonner le taux plancher entre le franc et l'euro avait aussi pesé de tout son poids sur le budget 2016 de certains cantons, rappelle M. Mischler.

A Berne, le gouvernement tablait l'an dernier sur des excédents jusqu'en 2018 et le canton affiche un bénéfice de 99 millions de francs au budget 2017, malgré une baisse des recettes fiscales.

Si Berne profite largement de la péréquation financière, des déficits sont néanmoins attendus pour 2019 et 2020. Un revers en matière de politique financière depuis la mise en oeuvre du plan d'austérité en 2014.

Bâle retrouve le sourire

Les finances de Bâle-Ville bénéficient d'une hausse des recettes fiscales et de dépenses maîtrisées. De quoi prévoir un excédent de recettes de 142,9 millions de francs et une situation favorable en 2018 et 2019. Le canton avait présenté un budget 2016 largement déficitaire en raison de l'assainissement de la caisse de pension du canton.

Zurich escompte un bénéfice de 17 millions de francs grâce notamment à un examen des prestations. Saint-Gall (+284,7 millions), le Tessin (-34,8 millions) Appenzell Rhodes-Extérieures (+14,8 millions), Thurgovie (+7,9 millions), Bâle-Campagne (+6,2 millions), Argovie (+0,1 million) et Glaris (+0,4) prévoient aussi des chiffres noirs.

Zoug table sur un déficit de 131,9 millions de francs, Schwyz sur -46,4 millions, Soleure sur -8,2 millions, Obwald sur -7 millions, Schaffhouse sur -4,3 millions et Nidwald sur -2,1 millions.

Les cantons d'Appenzell Rhodes-Intérieures, Grisons, Lucerne et Uri présenteront leurs budgets ces prochaines semaines.

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