Bilan

La Hongrie vend son armement soviétique

Vendre ses chars d'assaut et avions de chasse pour résorber le déficit: c'est la solution choisie par la Hongrie qui va mettre sur le marché de l'armement d'occasion son matériel hérité de l'époque soviétique.
A vendre: avions de chasse et chars d'assaut, époque soviétique, peu servi, prix à débattre... Voilà l'annonce que le gouvernement hongrois pourrait faire paraître prochainement: l'ancien état membre du Pacte de Varsovie cherche à vendre ses anciens chars et avions de chasse soviétiques, dans une mesure d'économie.

La Hongrie a intégré l'Otan en 1999. Mais, de 1955 à 1991, le pays fut membre du Pacte de Varsovie en compagnie de la plupart des pays d'Europe centrale et orientale. Et comme ces mêmes pays (Albanie, Allemagne de l'Est, Bulgarie, Roumanie, Pologne), la Hongrie se fournissait en matériel militaire auprès du «grand frère» soviétique.

Un matériel incompatible avec les normes Otan

Aujourd'hui, la Guerre froide a disparu, l'armée hongroise a été réduite de 140'000 à 19'000 soldats (la conscription a été abolie en 2004) et le matériel a été renouvelé. «Depuis la réforme de 1990, l'armée hongroise est professionnelle et moderne et une partie de nos machines ne sont plus compatibles avec les normes de l'Otan», explique Zoltan Borbiro, secrétaire d'Etat au ministère de la Défense.

Et, après des années de croissance économique, la Hongrie se trouve face à la crise: le budget 2013 se fonde sur une croissance économique de 1,6%, un déficit public à 2,2% et un taux d'inflation de 4,2%. Mais, pour boucler ce budget, la Hongrie a eu recours à un prêt de 15 milliards d'euros (18 milliards de francs) du FMI et de l'Union européenne, accordé en contrepartie de mesures d'économies.

L'entretien coûte cher

Or, l'entretien de l'armement hérité de l'époque soviétique coûte cher. Et l'armée magyare conserve aussi des uniformes et des équipements divers, devenus totalement désuets. D'où la décision de s'en séparer, afin d'économiser les frais liés à leur stockage et à leur entretien, mais aussi de récupérer une petite somme.

«Le ministère de la Défense attend des recettes de l'ordre de plusieurs milliards de forints (1 franc = 238 forints) au cours de la deuxième partie de l'année, en contrepartie de ses équipements de guerre non utilisés», a indiqué Zoltan Borbiro.

Le droit de veto de la Russie

Des recettes qui ne seront pas simples à concrétiser: «La vente ne sera pas simple», a prévenu le secrétaire d'Etat, indiquant qu'il ne serait pas facile de vendre 24 avions Mig-29 sur le marché de l'occasion militaire (800 avions de ce type seraient déjà sur le marché). Même si les appareils (filmés ici lors d'un essaie par un pilote américain en 1999) sont en parfait état de voler.



De plus, la Russie dispose d'un droit de veto sur l'acheteur potentiel. En 2005, la Hongrie a offert 77 de ses 180 chars d'assaut T-72 à la nouvelle armée irakienne. Les équipements seraient en très bon état, ajoute le secrétaire d'Etat, comme pour en faire la réclame. Les chars d'assaut ont d'ailleurs été régulièrement présentés au public lors de parades ou d'exercice comme dans cette vidéo).

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

Lui écrire

Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

Du même auteur:

Offshore, Consortium, paradis fiscal: des clefs pour comprendre
RUAG vend sa division Mechanical Engineering

Les newsletters de Bilan

Le cercle des lecteurs

Le Cercle des Lecteurs est une plate-forme d'échanger sur tout ce qui touche votre magazine. C'est le reflet de vos opinions, et votre porte-parole le plus fidèle. Plus d'info


Image Footer

"Tout ce qui compte.
Pour vous."