Bilan

La Genève internationale sous pression

Les problèmes rencontrés par la FIPOI, qui gère les bâtiments des organisations internationales, créent des tensions. La FCIG, qui s’occupe des locaux destinés aux ONG, monte au créneau.

Le bon fonctionnement des infrastructures de la Genève internationale qui est en jeu.

Crédits: Dr

Depuis fin novembre, la Fondation des immeubles pour les organisations internationales (FIPOI) est placée sous pression. Cet organe de droit privé a été mis en cause par plusieurs audits. Parmi eux, une enquête réalisée par la Cour des comptes, caviardée pour protéger la Genève internationale.

Ces critiques ont conduit la fondation à se réorganiser de fond en comble, a-t-elle rassuré dans un communiqué du 17 novembre. La direction et la présidence ont été remaniées. Mais un autre acteur de la Genève internationale lève le doigt au sujet de la FIPOI. Il s’agit de la Fondation pour le centre international de Genève (FCIG), qui fournit aux ONG des surfaces de bureaux.

Lors d’une réunion de son conseil, début septembre, ce cénacle a fait part au président du Conseil d’Etat François Longchamp de ses remarques sur la LFus. Cette loi, acceptée en commission, sera en principe débattue à la mi-décembre. Elle prévoit la fusion de la FCIG avec la FIPOI. Or les membres du premier cénacle désirent que ses biens – la fondation est dotée de 50 millions de fonds propres - continuent de servir au soutien des ONG, et non pas aux organisations gouvernementales.

Infrastructures en jeu

«Nous n’aimerions pas que l’argent de la FICG serve à combler des déficits de la FIPOI», s’inquiète une source proche du dossier, faisant ainsi le lien entre ces deux «affaires». Echaudé par les problèmes au sein de la FIPOI, le conseil de la Fondation a même préparé un courrier à l’intention du Grand conseil. Cela, malgré un amendement qui précise que «les statuts de la FIPOI sont adaptés pour permettre le maintien et la réalisation du but de la FCIG (…).»  

Dans ce projet de lettre, la FCIG, méfiante, déclare se dégager de toute responsabilité quant à la garantie d’affectation des fonds de cette fondation selon ses buts initiaux. «Aucun mécanisme juridique ne garantit que la FIPOI continuera à proposer des locaux abordables aux ONG», se plaint le conseil, qui n’a pas été auditionné par la commission idoine du Parlement.    

En filigrane c’est tout le bon fonctionnement des infrastructures de la Genève internationale qui est en jeu, voire sa survie à long terme. «Les coûts de rénovation des bâtiments onusiens sont énormes. Or certaines voix à l’international demandent leur déménagement en Asie. Le président du Conseil d’Etat essaye donc de réunir tous les acteurs sous un même toit», commente un membre de la Commission des finances.       

Stéphane Herzog

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