Bilan

La France qui va bien aime Fillon et Macron

Reportage à Bordeaux, qui s’est métamorphosé sous l’impulsion du républicain Alain Juppé. Dans une région Aquitaine à gauche, la ville elle-même penche à droite.

Bordeaux a été élu première ville de France où il fait bon travailler pour son cadre de vie.

Crédits: Arnaud Spani/Hemis/Getty images

Les panneaux tapissant le récent terminal low cost de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac ne laissent planer aucun doute sur les ambitions de l’agglomération bordelaise: du Rafale au pont Chaban-Delmas en passant par la future Cité numérique et le capital historique, la cinquième ville de France compte conserver son pouvoir d’attraction durant les quinze prochaines années au moins – elle a été élue ville la plus attractive pour les cadres parisiens, première ville où il fait bon travailler pour son cadre de vie et 4e pour son cadre économique (Cadremploi, PwC 2016).

Et ces Français qui disent aller bien, quelles sont leurs intentions de vote? A deux pas de l’Hôtel de Ville, place Pey-Berland, la chocolatière aux cannelés blancs, noirs et au lait farcis de ganache livre en toute sincérité son choix, qu’elle dit avoir arrêté la veille: «Malgré les affaires, je voterai pour Fillon parce qu’en matière économique il est le seul capable et la France a aussi besoin de quelqu’un qui puisse la représenter!», dit cette dame vivant dans la baie d’Arcachon, qui demande que son nom ne soit pas cité. «Et pour les affaires, ce sont de toute façon tous les mêmes...»

Elle exprime son regret qu’Alain Juppé ne soit plus en lice, tant son efficacité dans la gestion de Bordeaux est avérée, et met une croix rouge sur Emmanuel Macron: «Lui, je ne peux pas le supporter, dit-elle. Il pioche chez tout le monde, c’est un showman. La France est comme beaucoup d’autres pays, elle a besoin d’être redressée et Macron est jeune, je ne l’en crois pas capable», continue-t-elle. Elle prévoit pourtant que ce sera l’ancien ministre de l’Economie qui sera élu, et explique qu’aujourd’hui ce sont les journalistes qui décident du choix du candidat... «Et vous êtes tous de gauche, n’est-ce pas?» 

Macron, la seule nouveauté

Sophie Bonnefon, entrepreneure d’une TPE (très petite entreprise) importatrice de vélos triporteurs danois distribués dans toute la France, est arrivée de Paris il y a trois ans. Elle explique voter à chaque élection, cantonale, législative et présidentielle, «parce que même si on n’est pas content et que ce sont tous des c..., c’est important d’avoir ce droit, assure-t-elle. J’aurais considéré voter pour Juppé, je l’appelle «notre bon roi»; je suis juste consommatrice de la ville, et j’en suis satisfaite», explique-t-elle.

«Globalement, je vote écologiste mais il n’y a plus de candidat. Je voterai pour Hamon, il a été réglo, je ne sais pas s’il a la stature (d’un président) mais il a un peu de rêve. Son concept sur le revenu universel est une idée qui permettrait une grosse simplification», continue-t-elle. Sophie Bonnefon dit reconnaître qu’elle ne s’est pas attardée sur le programme des onze candidats, mais que Macron est la seule nouveauté: «C’est une vraie fraîcheur, mais le problème sera aux législatives. Puisqu’il n’a pas de parti, comment vont-ils placer les députés?» 

Le seul candidat qu’elle rejette entièrement est François Fillon, dont l’affaire soulevée par Le Canard enchaîné lui paraît rédhibitoire. «La France est bien restée royaliste, dit-elle. Nos présidents sont rémunérés à vie, il est temps que nous redescendions sur terre et qu’on devienne comme le Danemark: à la fin du mandat, l’élu reprend le métro comme tout le monde!» Emmanuel Macron, s’il est élu, apportera-t-il la fraîcheur de vrais changements?  

Henry Plouïdy

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