Bilan

La forte part des immigrés dans la recherche américaine

La National Science Foundation a mesuré l'apport des étrangers et immigrés à la recherche et à l'innovation américaine: la forte proportion de chercheurs nés à l'étranger donne une idée de ces savoirs attirés par l'Oncle Sam.
  • Près du quart des chercheurs américains et 49% des post-docs du pays sont étrangers ou nés ailleurs que sur le sol américain.

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  • Les chercheurs étrangers acceptent souvent dans un premier temps des postes précaires, moins bien payés et avec des prérogatives limitées, dans l'espour de décrocher ensuite un poste plus intéressant.

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  • Les chercheurs étrangers doivent accepter des conditions de vie et de travail moins favorables que leurs homologues américains, notamment des situations précaires et un éloignement familial.

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  • Le soutien politique de Washington au développement et à l'excellence de la recherche universitaire américaine a contribué à renforcer l'attractivité de ces grands pôles.

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Selon le classement annuel 2013 du Times Higher Education, quinze des vingt meilleures universités au monde sont américaines. Et sur les dix entreprises les plus innovantes au monde, selon le Boston Consulting Group, pas moins de sept américaines figurent dans le dernier top 10 mondial. Evidemment, la première économie mondiale, avec ses 318 millions d'habitants, dispose d'un vaste vivier de talents. Mais les chefs d'entreprise comme les directeurs de recherche ne rechignent jamais à chercher les talents ailleurs et à les attirer sur les campus américains.

Conditions de travail idéales, salaires attrayants, émulation intellectuelle, cadre de vie confortable, force des réseaux: les chercheurs étrangers rechignent rarement quand un poste leur est présenté dans une institution de recherche (privée ou publique) ou qu'une entreprise avec un fort secteur R&D vient les solliciter. A tel point que la dernière édition du rapport biannuel de la National Science Foundation a mesuré que 25% des chercheurs des Etats-Unis, instituts de recherche et entreprises, sont nés dans un pays étranger.

49% d'étrangers parmi les 44'000 post-docs

Plus impressionnant encore: 49% des 44'000 post-docs du pays, la force de travail de la recherche américaine, sont issus d'un pays tiers. L'étude affirme que ces chercheurs, hautement qualifiées, occupent des postes plus précaires et moins bien rémunérés que la moyenne. Pour Michael White, chercheur en biologie au Département de génétique de l'Université Washington de Saint-Louis, cette situation comparativement moins avantageuse est tacitement acceptée par ces chercheurs étrangers «car les postes les plus intéressants requièrent une expérience postérieure à l'obtention du diplôme. Les universités peuvent donc proposer cette expérience à des étrangers fraîchement diplômés et très compétents, qui veulent bien travailler ainsi quelques années avec des conditions moins élevées en échange d'un lancement de carrière qui peut s'avérer un tremplin intéressant».

Selon Michael White, ces chercheurs étrangers «doivent composer avec des visas de courte durée à renouveler régulièrement, la séparation de long-terme avec leur famille, les barrières linguistiques et culturelles, la peur constante de perdre son poste, la dépendance vis-à-vis du directeur de recherche»... Mais cette situation est acceptée car, au bout du parcours, un poste stable et lucratif peut être proposé dans une très prestigieuse université américaine ou une grande multinationale. Ainsi, comme le dit le chercheur, «ces chercheurs étrangers sont attirés par le prestige des universités américaines tout en y contribuant par leur travail».

Le rôle de Washington

Mais ce jeu à trois entre universités, entreprises et chercheurs étrangers doit aussi une part de sa réussite aux politiques fédérales menées depuis 1945 par Washington en faveur des institutions de recherche. Ainsi, les autorités proposent même une série de tutoriels vidéos expliquant aux chercheurs étrangers les avantages à retirer d'un tel cursus et les écueils à éviter.

Le succès rencontré par les universités américaines a inspiré la Chine qui cherche actuellement à mettre en place une politique similaire d'accroissement de l'attractivité de ses universités.La montée en puissance des institutions de recherche de l'Empire du Milieu associé au formidable vivier que constitue la population chinoise pourrait les y aider.

Matthieu Hoffstetter
Matthieu Hoffstetter

JOURNALISTE À BILAN

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Titulaire d'une maîtrise en histoire et d'un Master de journalisme, Matthieu Hoffstetter débute sa carrière en 2004 au sein des Dernières Nouvelles d'Alsace. Pendant plus de huit ans, il va ensuite couvrir l'actualité suisse et transfrontalière à Bâle pour le compte de ce quotidien régional français. En 2013, il rejoint Bilan et se spécialise dans les sujets liés à l'innovation, aux startups, et passe avec plaisir du web au print et inversement. Il contribue également aux suppléments, dont Bilan Luxe. Et réalise des sujets vidéo sur des sujets très variés (tourisme, startups, technologie, luxe).

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