Bilan

La fiscalité est déterminante pour les entreprises étrangères à Genève

La fiscalité et le niveau de qualification de la main-d'oeuvre sont les deux principaux critères déterminants pour l'implantation d'entreprises étrangères à Genève.

Le laboratoire d'économie appliquée de l'Université de Genève a interrogé les dirigeants d'entreprises étrangères qui se sont implantées dans le canton en 2014. Il ressort très clairement que la fiscalité attractive et la main-d'oeuvre qualifiée ont été des critères décisifs.

Crédits: Keystone

La fiscalité et le niveau de qualification de la main-d'oeuvre sont les deux principaux critères déterminants pour l'implantation d'entreprises étrangères à Genève, selon une étude publiée jeudi. La compétition est serrée avec d'autres villes.

Le laboratoire d'économie appliquée de l'Université de Genève a interrogé les dirigeants d'entreprises étrangères qui se sont implantées dans le canton en 2014. Il ressort très clairement que la fiscalité attractive et la main-d'oeuvre qualifiée ont été des critères décisifs.

Suivent dans l'ordre la possibilité de synergies avec des compétiteurs déjà installés à Genève, l'environnement international, les écoles, le contact facile avec l'administration publique, l'image de Genève. Ont été encore souvent mentionnés la position centrale en Europe et le cadre de vie.

Deux faiblesses

Les personnes interrogées ont mis l'accent sur deux faiblesses principales: le coût de la main-d'oeuvre, avec des salaires nettement plus élevés que dans les villes concurrentes, en particulier pour les postes administratifs, et le niveau élevé des loyers.

"Le coût de la main-d'oeuvre est un facteur rédhibitoire important, le principal inconvénient en particulier pour les petites et moyennes entreprises qui peuvent trouver à l'étranger des conditions salariales nettement plus avantageuses", a affirmé l'auteur de l'étude, Vahan Garibian, collaborateur scientifique à l'Université de Genève.

Les entreprises interrogées qui se sont installées à Genève ont mentionné plusieurs villes concurrentes en Suisse et à l'étranger entre lesquelles elles ont hésité. En Suisse, Lausanne tire parti de son taux d'imposition moindre et de son marché de l'immobilier moins engorgé.

Zurich offre un tissu économique plus riche, un bassin d'emploi plus vaste et davantage de connexions internationales. Zoug a une fiscalité particulièrement favorable et offre l'avantage d'être proche de Zurich.

A l'étranger, deux villes concurrentes ont été les plus souvent citées: Londres et Dublin. Si la première ville n'est pas une surprise, la capitale de l'Irlande offre l'avantage d'un taux d'imposition unique des entreprises de 12,5% avec une main-d'oeuvre moins chère tout en étant anglophone.

Concurrence fiscale

L'étude a comparé la fiscalité de ces villes concurrentes en y ajoutant Singapour. Pour l'imposition sur le bénéfice d'une société à capitaux simple, Genève est la moins avantageuse avec un taux de 24,2%, devant Lausanne (22,8%), Zurich (21,2%), Londres (20%), Singapour (17%), Zoug (14,6%) et Dublin (12,5%).

Pour les sociétés multinationales au titre d'un statut fiscal spécial, la comparaison est beaucoup plus favorable à la Suisse: Londres a un taux d'imposition de 20%, devant Singapour 17% (avec des exceptions), Dublin 12%, Genève 10,7%, Lausanne 10,4%, Zurich 10,1% et Zoug 8,9%.

L'étude avertit qu'en touchant aux deux critères principaux décidant une entreprise étrangère de s'établir à Genève, "la troisième réforme de l'imposition des entreprises et la mise en oeuvre de l'initiative populaire contre l'immigration de masse présentent un risque certain pour le canton".

Pour Jacques Jeannerat, directeur de la Chambre de commerce, d'industrie et des services de Genève (CCIG), avec le taux d'imposition unique proposé de 13%, le canton resterait fiscalement attractif, mais un taux plus élevé ne serait pas acceptable pour les multinationales.

"Genève garde son attrait, a une très bonne image, mais des ombres se profilent", a mis en garde Hélène de Vos Vuadens, directrice adjointe à la Banque cantonale de Genève (BCGE), en appelant au développement de "clusters" et de jeunes pousses.

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