Bilan

La FINMA s'attaque au «Crowdfunding»

La mode du financement participatif inquiète l’Autorité suisse de surveillance des marchés financiers (FINMA). Elle veut savoir si ces plates-formes blanchissent de l’argent.
  • Parmi les nombreux sites de financement participatif, le local de l'étape se nomme Wemakeit. La plate-forme suisse de Crowdfunding a récolté plus de 3 millions de francs depuis sont lancement début 2012 et financé avec succès 400 projets. Cinéma, documentaires, danse ou musique, le site est surtout axé culture, mais il a aussi permis de financer l'achat d'une imprimante 3D pour le FabLab de Genève. La FINMA veut savoir sur quelle base légale wemakeit.ch gère l'argent qui lui est confié.
  • Le site francophone a récolté 4 millions d'euros depuis 2010 et financé plus de 2500 projets. Il se dit «dédié à la créativité, à l'innovation et à la culture». Parmi les réussites, KissKissBankBank est fière d'avoir rendu possible du festival Tech Open Air de Berlin, consacré à la technologie et au partage du savoir (32'000 francs) ou encore le projet de Raphaël Beaugrand qui a relié Paris à Hiroshima à vélo pour recueillir les témoignages de victimes de conflits et en a extrait un webdocumentaire, Paroles de Conflits (22'600 francs)
  • On ne présente plus Kickstarter, ambassadeur mondial du financement collaboratif. En 2012, le site a récolté près de 320 millions de dollars et financé plus de 18'000 projets. Sa notoriété est un atout, et c'est là que l'on trouve nombre de projets spectaculaires. Revers de la médaille: la concurrence pour figurer en première page du site est plus rude. Dernière actu marquante: le jeu vidéo «Torment: Tides of Numenera» vient de récolter 4,18 millions de dollars en 30 jours. 74'405 joueurs ont contribué à le record du jeu le mieux financé de Kickstarter.
  • Autre site de financement généraliste, Indiegogo vient d'être choisi par le collectif Anonymous pour collecter des fonds. But de l'opération: entretenir un canal d'information plus puissant et performant que le compte @YourAnonNews sur Twitter et tumblr.
  • Le site français se voit comme un incubateur de jeunes talents. WiSeed propose aux internautes «d'investir dans des jeunes entreprises à fort impact sociétal, qualifiées par une équipe spécialisée dans l'investissement en capital». Mise de départ pour devenir actionnaire: 100 euros au minimum. En 2012, 3 millions d'euros ont été répartis entre 21 sociétés, orientées nouvelles technologies, environnement et santé.
  • Orienté humanitaire, le site Kiva propose aux internautes de prêter de l'argent à des institutions de microcrédit dans des pays pauvres. Education, projets agricoles, petits commerces: les projets ne manquent pas. Depuis 2005, la plate-forme a récolté plus de 420 millions de dollars et financé les projets de plus d'un million d'emprunteurs.
  • Le service de micropaiement Flattr se différencie de sites de Crowdfunding en cela qu'il permet de distribuer de l'argent partout sur internet plutôt que sur une seule plate-forme. Les utilisateurs paient mensuellement une somme fixe, au minimum 2 euros, qui se répartit ensuite entre les différents sites, articles de blog, vidéos, etc. qu'ils auront aimé durant le mois écoulé. Un bouton, Flattr, qui s'intègre sur les sites à la manière d'un bouton «J'aime» de Facebook, permet de récolter les suffrages des internautes.
Les sites de financement participatifs comme KickStarter, Indiegogo, KissKissBankBank ou Wemakeit sont une tendance lourde du Web en 2013.

Ils permettent le financement de projets divers grâce aux apports, petits ou grands, des internautes. Le promoteur du projet ne bénéficie de l’argent versé qu’une fois que le montant escompté est atteint. Entre-temps, il est géré par le site Internet, qui prélève une certaine somme pour son fonctionnement.

Risque de blanchiment d’argent?

C’est pourquoi les sites de crowdfunding pourraient être soumis à la surveillance de la FINMA, a indiqué dimanche Vinzenz Mathys, porte-parole de l’autorité, revenant sur une information de Schweiz am Sonntag.

Actuellement, c’est le site suisse wemakeit.ch, spécialisé dans le financement de projets culturels, qui intéresse les spécialistes de la FINMA.

Ils cherchent à savoir si les sociétés de ce type ont besoin d’une autorisation bancaire ou si elles relèvent de la loi sur les placements collectifs.

Selon Vinzenz Mathys, la FINMA regarde aussi si les sites doivent répondre à la loi sur le blanchiment d’argent.

Fondé en février 2012, le site wemakeit.ch a déjà redistribué plus de 3 millions de francs à 400 projets culturels. Dans l’attente de leur attribution, les sommes versées par les contributeurs sont entreposées chez PostFinance.

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